Comment juguler la parafiscalité qui obère l’économie gabonaise ? la question était au cœur des travaux du deuxième Comité technique de coordination opérationnelle (CTCO) consacrés à la problématique de la parafiscalité illégale, le 27 avril dernier. Larencontre était présidée par le Secrétaire général du gouvernement, Abdu Razzaq Guy KAMBOGO. Elle a réuni les représentants des ministères, des administrations fiscales, des collectivités locales, ainsi que le Syndicat national des commerçants du Gabon et les partenaires techniques.
Cette rencontre avait pour objet principal d’évaluer l’état d’avancement des travaux du comité, notamment en matière d’identification et de caractérisation des pratiques relevant de la parafiscalité illégale. Les échanges ont permis de dresser un état des lieux des pratiques recensées, tout en mettant en exergue les contraintes auxquelles font face les opérateurs économiques. Celles-ci tiennent notamment à la multiplicité des contrôles et à la prolifération de prélèvements opérés par diverses entités, avec des répercussions notables sur l’activité économique et le coût de la vie.
A cet égard, les participants ont souligné l’impératif de clarification des compétences respectives des administrations impliquées, ainsi que la nécessité de renforcer les mécanismes de coordination, en vue de prévenir les chevauchements d’intervention. Au terme des travaux, une feuille de route assortie d’indicateurs de performance a été adoptée. Une prochaine session est prévue dans les semaines à venir afin d’évaluer l’effectivité des mesures arrêtées.
Cette initiative traduit la détermination du chef de l’État, Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, à lutter contre les pratiques de parafiscalité illégale et à promouvoir un environnement économique plus lisible, équitable et propice à l’investissement.
Une véritable gangrène
Selon le dernier rapport pays de la Banque africaine de développement (BAD), le Gabon figure parmi les pays de la CEMAC ayant le plus grand nombre de prélèvements parafiscaux identifiés (plus de 200 en 2022). Ce n’est donc pas un hasard si ménages et entreprises dénoncent la prolifération de taxes et prélèvements opaques.
Lors d’une sortie médiatique, l’ex ministre de l’Économie, Henri-Claude Oyima, avait lui-même reconnu que la parafiscalité pèse sur le quotidien des populations. » Tout ce qui n’est pas dans la loi de finances est hors-la-loi » soulignait-il dans une interview sur Gabon 24. Désormais, seules les recettes inscrites dans la loi de finances et reversées au compte unique du Trésor pourront être prélevées. Cette orientation vise à soulager les citoyens et assainir les comptes publics.
Cette mise au point intervient alors que plusieurs opérateurs dénoncent des taxes jugées abusives ou équivoques, accentuant les coûts d’exploitation dans un contexte économique assez fragile. En effet, dans ce pays d’Afrique centrale où le PIB était estimé à environ 20,87 milliards de dollars US en 2024 par la Banque mondiale, des opérateurs économiques sont très souvent sommés par certaines administrations, dont les municipalités, de verser des taxes dites de parafiscalité. Conséquence directe, une inflation galopante, qui de plus en plus fait de la capitale gabonaise Libreville, l’une des plus chères dans la sous-région Afrique centrale.
Les taxes parafiscales ont également le pouvoir de perturber les chaînes d’approvisionnement puisqu’elles augmentent les charges administratives et la paperasse, qui de facto, laisse libre court à la corruption. Entraînant des retards et des coûts supplémentaires, qui finalement se répercutent sur les prix des produits, ces taxes favorisent et entretiennent donc les pressions inflationnistes.



















