En zone CEMAC, l’accroissement de la Masse monétaire au sens large (M2) résulte des trois principaux facteurs : une progression modérée des avoirs extérieurs nets du système monétaire (+3,7 % à 2 576,6 milliards de FCFA), dans un contexte de repli des réserves de change à partir du mois de juillet 2025, lesquelles se sont établies à 6 325,7 milliards de FCFA, assurant une couverture de 4,12 mois d’importations de biens et services. Le taux de couverture extérieure de la monnaie s’est situé à 67,64 % au 30 septembre 2025.
Cette évolution a résulté notamment de divers règlements de dette, des paiements des dividendes et de la poursuite de la dynamique des importations de biens alimentaires, énergétiques et d’équipements dans plusieurs pays de la sous-région, conjuguée avec un fléchissement des recettes d’exportation en lien avec la volatilité des cours internationaux du pétrole brut, ainsi que ceux de certains produits d’exportation tels que le coton et le cacao. Ces facteurs ont exercé une pression sur la position extérieure globale de la CEMAC, malgré les efforts de gestion active des réserves de change engagés par la BEAC ;
Le deuxième facteur porte sur une hausse soutenue des créances nettes du système monétaire sur les États (+12,5 % à 11 418,8 milliards de FCFA). Ce qui traduit la persistance des besoins de financement public dans un contexte marqué par l’intensification des dépenses publiques, notamment liées à l’organisation des élections au Cameroun, aux investissements en infrastructures, à la mise en œuvre de politiques sociales et aux dépenses sécuritaires dans certains pays de la Sous-région.
Le recours accru aux émissions de titres publics sur le marché régional, ainsi qu’au financement bancaire, traduit le niveau élevé du besoin de financement des Etats, mais appelle à une vigilance accrue, au regard des risques d’éviction du secteur privé et des pressions potentielles sur la liquidité bancaire ;
Le dernier facteur est relatif à une progression des crédits à l’économie, (+8,8 %, à 13 036,9 milliards de FCFA), en lien avec la reprise graduelle de l’activité dans les secteurs productifs, notamment l’agro-industrie, le commerce, les services et certains segments du BTP.
L’analyse par maturité révèle une hausse des crédits à court terme de 8,4 % (contribution de 4,6 points), à moyen terme de 8,4 % (contribution de 3,5 points) et à long terme de 21,2 % (contribution de 0,7 point). Cette structure reflète un financement davantage orienté vers les besoins de trésorerie des entreprises et la consolidation de certains investissements structurants, bien que la prédominance des crédits de court terme puisse contribuer à renforcer la demande intérieure et les tensions inflationnistes.
L’accroissement de la masse monétaire au sens large (M2) s’explique par les contributions positives des créances nettes sur les Etats (+6,5 points) et des crédits à l’économie (+5,4 points), partiellement compensées par la contribution négative des ressources non monétaires (- 0,7 point), traduisant une orientation prudente des agents économiques vers les placements financiers moins liquides.
S’agissant des composantes de M2, l’accroissement de la masse monétaire s’est principalement traduit par une hausse de la monnaie scripturale (5,3 points), de la monnaie fiduciaire (3,5 points) et des dépôts à terme monétaires (2,8 points), traduisant une augmentation généralisée des encaisses détenues par les agents économiques.



















