Le Comité technique sur la situation macroéconomique a récemment approuvé le Rapport économique 2025. Selon ledit rapport, l’économie équato-guinéenne a enregistré une contraction de 5,8 % de son produit intérieur brut (PIB) réel en 2025, contre une croissance négative modérée de 0,4 % observée en 2024. Cette évolution a été principalement marquée par la baisse de l’activité pétrolière, qui a diminué de 16,8 %, tandis que le secteur non pétrolier a connu un ralentissement de sa croissance modérée de 2,4 %.
Dans son rapport, le Comité a noté que le déclin de l’activité pétrolière était dû à divers facteurs, notamment la maturation des puits, l’absence de nouveaux raccordements, les arrêts techniques de production, la fermeture des activités liées au méthanol, la chute des prix internationaux du Brent et la réduction des exportations d’hydrocarbures.
Sur le plan sectoriel, le rapport indique que le secteur primaire s’est contracté de 16,5 %, principalement en raison du recul des activités extractives ; le secteur secondaire a également enregistré une baisse de 9,8 %, affectée par la réduction de l’activité de raffinage des produits pétroliers ; tandis que le secteur tertiaire a affiché une croissance modérée de 2,1 %, tirée en partie par les services et les activités commerciales, bien qu’avec des signes de ralentissement par rapport à l’année précédente.
La production totale d’hydrocarbures en 2025 s’est établie à 68,4 millions de barils équivalent pétrole (BEP), soit une baisse de 17,6 % par rapport aux 83 millions de BEP enregistrés en 2024. De même, les exportations d’hydrocarbures ont atteint 73,3 millions de BEP, dont 19,8 millions de barils de pétrole brut et 53,6 millions de BEP de gaz et de dérivés.
Malgré un contexte économique défavorable, le rapport souligne que l’inflation est restée maîtrisée à 2,3 %, en dessous du seuil communautaire de 3 % fixé par la CEMAC, ce qui témoigne d’une certaine stabilité des prix et d’une discipline monétaire.
Dans le domaine des finances publiques, les dépenses totales de l’État ont atteint 1,25 milliard de francs CFA, avec un taux d’exécution de 89 % par rapport aux prévisions, tandis que les recettes publiques se sont élevées à 1,213 milliard de francs CFA, soit 86 % des prévisions budgétaires. En conséquence, le déficit budgétaire a été fixé à 0,5 % du PIB, soit 45,9 milliards de francs CFA, restant à un niveau similaire à celui de l’année précédente.
Le Comité a évalué positivement les efforts de consolidation budgétaire entrepris par le gouvernement, visant à préserver la viabilité des finances publiques grâce à l’application de règles fiscales et de mécanismes de contrôle budgétaire.
La dette publique a diminué pour s’établir à 2 413,1 milliards de francs CFA, soit 32,2 % du PIB, un niveau nettement inférieur aux critères de convergence de la CEMAC
Concernant la dette publique, le rapport indique qu’elle a diminué pour s’établir à 2 413,1 milliards de francs CFA, soit 32,2 % du PIB, un niveau nettement inférieur aux critères de convergence de la CEMAC et aux seuils fixés par le Fonds monétaire international (FMI). Cette réduction s’explique principalement par la diminution de la dette extérieure et la rationalisation des engagements financiers envers les créanciers bilatéraux et multilatéraux.
L’analyse du secteur monétaire et financier national a montré une contraction de la position extérieure globale, une augmentation des actifs nets vis-à-vis de l’État, une croissance modérée du crédit à l’économie et une expansion de la masse monétaire. En revanche, le secteur extérieur a enregistré un solde positif du compte courant de 234,5 milliards de francs CFA, soit 3,2 % du PIB, bien qu’inférieur à celui enregistré en 2024, reflétant ainsi l’impact de la baisse des revenus tirés des exportations d’hydrocarbures.
Après l’examen et le débat technique des différents indicateurs macroéconomiques, la note de perspectives économiques a été validée par les membres du Comité, seules l’intégration de certains amendements et observations formulés au cours de la session restant à effectuer.
Un autre point saillant de la réunion a été l’évaluation de l’état de mise en œuvre des réformes incluses dans le Programme de réforme économique et financière de la CEMAC (PREF-CEMAC). Dans ce contexte, le Comité a exhorté tous les ministères et organismes concernés à renforcer leur engagement à mettre en œuvre les actions décrites dans la matrice de réforme, en fournissant rapidement les informations requises et en intégrant ces actions dans leurs plans sectoriels respectifs, dans le but d’améliorer la position de la Guinée équatoriale dans le classement régional du respect des programmes.
Au cours de la réunion, les progrès réalisés dans le cadre du Plan national de diversification économique ont également été présentés, sur la base de l’Agenda national 2035, conçu comme la principale feuille de route pour transformer la structure économique du pays vers un modèle plus inclusif, durable et moins dépendant du pétrole. La stratégie nationale s’articule autour de quatre domaines prioritaires : l’éradication de la pauvreté, l’inclusion sociale et la paix durable, la productivité et l’industrialisation, et la durabilité environnementale parallèlement au développement territorial.
Enfin, le Comité technique s’est accordé sur la nécessité de renforcer les mécanismes de suivi mensuel des indicateurs macroéconomiques, de donner la priorité aux politiques de viabilité budgétaire et d’accélérer la mise en œuvre des initiatives visant à diversifier la production, afin de consolider la résilience économique du pays face aux chocs externes.
Avec le Bureau d’information et de presse de la Guinée équatoriale


















