« Comme qui dirait, c’est en mangeant que vient l’appétit ». Le Gabon s’apprête à effectuer un retour remarqué sur le marché des obligations vertes avec une émission de 10 milliards de francs CFA. Le dossier vient d’être déposé par la société publique Façade maritime du champ triomphal auprès de la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale, dont le collège doit se réunir le 29 juin prochain pour examiner l’opération de financement.
Un type de financement particulièrement adapté aux enjeux nationaux
Selon les spécialistes, cette opération qui intervient trois ans après le premier green bond de l’histoire de la CEMAC, confirme la volonté du pays de mobiliser des financements innovants au service de la transition écologique et du développement durable.
Selon les notes, « cette future émission s’inscrit dans un contexte où les obligations vertes connaissent un intérêt croissant à l’échelle mondiale ». En effet, « ces instruments financiers permettent de mobiliser des capitaux spécifiquement destinés au financement de projets ayant un impact positif sur l’environnement. Ils concernent généralement la protection des écosystèmes, les énergies renouvelables, la gestion durable des ressources naturelles, la résilience climatique ou encore les infrastructures respectueuses de l’environnement. Pour le Gabon, dont près de 90 % du territoire est couvert de forêts, ce type de financement apparaît particulièrement adapté aux enjeux nationaux », renseigne-t-on.
Faut-il le rappeler, le pays dispose en effet d’importants atouts environnementaux qui lui confèrent une place stratégique dans la lutte contre le changement climatique. Le massif forestier gabonais constitue l’un des principaux puits de carbone du bassin du Congo, deuxième poumon écologique mondial après l’Amazonie.
En outre, « ces dernières années, Libreville a multiplié les initiatives destinées à valoriser ce capital naturel à travers des mécanismes innovants de financement climatique et de préservation de la biodiversité ».
Cette nouvelle opération intervient également dans un contexte de transformation des modes de financement de l’État. Face aux besoins croissants en investissements et à un environnement financier international plus exigeant, les autorités cherchent à diversifier leurs instruments de mobilisation de ressources. Le recours aux obligations vertes permet non seulement d’attirer une catégorie d’investisseurs sensibles aux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), mais aussi de renforcer l’image du Gabon comme destination crédible pour la finance durable.
Au-delà de son montant, cette émission revêt une portée symbolique importante pour l’ensemble de la sous-région. Elle confirme l’émergence progressive de la finance verte au sein de la CEMAC et pourrait ouvrir la voie à de nouvelles opérations similaires dans les années à venir. Pour le Gabon, l’enjeu consiste désormais à démontrer que la protection de l’environnement peut également devenir un levier de croissance économique, d’attractivité financière et de développement durable au bénéfice des générations futures.
Dans la continuité des premiers Green Bonds de la zone CEMAC
« Cette nouvelle levée de fonds s’inscrit dans la continuité d’une opération pionnière réalisée en 2021, lorsque la FMCT avait émis les toutes premières obligations vertes de la zone CEMAC, pour un montant de 20 milliards de FCFA. Structurée par Africa Bright Securities, cette levée avait financé des infrastructures durables, dont le premier bâtiment certifié EDGE de la région. Ces titres arrivant à échéance sur la période 2021-2026, la nouvelle opération s’apparente à un refinancement ou à une phase complémentaire du déploiement du projet », renseigne Directi nfos Gabon


















