La 17ème session du Comité d’orientation et de suivi (COS) du Contrat de désendettement et de développement (C2D) s’est tenue à Yaoundé le 9 juin 2026, à l’occasion du 20ème anniversaire dudit dispositif. À un an de son dernier versement, le C2D franco-camerounais — le deuxième plus important au monde — entre dans sa phase de clôture.
Conçu en 2001, le C2D est un mécanisme par lequel la France prolonge, à titre bilatéral, l’effort international d’allègement de la dette des pays les plus endettés, effort dont elle est le premier contributeur. Son principe est simple : le pays débiteur continue d’honorer le service de sa dette envers la France, mais chaque échéance remboursée lui est aussitôt reversée sous forme de don, affecté à des programmes de développement choisis d’un commun accord.
Le Cameroun a signé son premier contrat en 2006, après avoir atteint le point d’achèvement de l’initiative PPTE (Pays pauvres très endettés). Le dispositif est piloté par l’Agence française de développement (AFD) et gouverné par un comité paritaire associant les ministères camerounais, l’ambassade de France et la société civile. Trois contrats successifs ont engagé 967,4 Mds FCFA (env. 1,47 Md EUR).
À la date de la session, le Cameroun avait honoré 944,8 Mds FCFA d’échéances, soit un taux de mobilisation de 97,6 %, ne laissant qu’un solde de 22,6 Mds FCFA à rembourser. Les ressources décaissées au profit des projets atteignent 871 Mds FCFA, le solde disponible sur le compte dédié logé à la BEAC s’établissant à 79,2 Mds FCFA. Les financements ont irrigué plusieurs secteurs.
Dans les infrastructures, qui concentrent l’essentiel de l’enveloppe, ils ont permis la construction de près de 125 ouvrages d’art, le réaménagement de pistes rurales et d’axes urbains, ainsi que la construction du 2e pont sur le Wouri. Plusieurs projets sont encore en cours, dont « Yaoundé Cœur de Ville » et le programme « Capitales Régionales ». Concernant l’éducation, plus de 1 700 salles de classe ont été construites ou réhabilitées et 37 000 enseignants contractualisés. Dans la santé, le chèque santé, dispositif de tiers-payant préfigurant la couverture santé universelle, a bénéficié à 350 000 femmes enceintes.
Dans l’agriculture, les interventions ont couvert toute la chaîne de valeur : innovation des techniques agropastorales (ASGIRAP), structuration de 315 000 exploitations familiales (ACEFA), insertion de 21 600 jeunes (AFOP) et appui aux PME agroalimentaires (TRANSFAGRI), renforçant les filières et l’emploi rural.
Le C2D a enfin appuyé la gestion des finances publiques (PAGFI) et la décentralisation (PNDP, 6 711 microprojets). Le dernier versement français interviendra dans un an, ouvrant la phase de clôture et de capitalisation des programmes.
L’enjeu se déplace désormais vers la pérennisation par l’État et les collectivités camerounaises, ainsi que vers de nouveaux instruments de financement — investissement, mobilisation du secteur privé — dans la logique promue lors du sommet Africa Forward (Nairobi) et en cohérence avec la Stratégie nationale de développement (SND30). Le C2D, instrument de la sortie de l’endettement, laisse place à une coopération financière fondée sur les logiques de partenariats.



















