C’est une période bien compliquée que traverse actuellement la zone CEMAC. Du moins, en ce qui concerne le coût de vie. En effet, selon les estimations de la BEAC, l’inflation en moyenne annuelle dans la sous-région devrait osciller autour de 5,2 % à fin 2022, avant de retomber progressivement au niveau de la norme communautaire à l’horizon 2024.
Dans ses prévisions, la BEAC souligne que la trajectoire des prix serait sensiblement influencée à moyen terme par l’inflation importée dont les effets ne sont pas instantanés et devraient s’étaler sur les prochains trimestres.
En effet, au niveau extérieur, l’évolution de la situation géopolitique mondiale, la hausse des cours des biens alimentaires (notamment du blé), les effets des perturbations des chaînes d’approvisionnement internationales, la hausse des coûts des intrants industriels et agricoles ainsi que la dynamique du coût du fret maritime devraient faire peser des risques inflationnistes marqués dans la Zone.
Au niveau intérieur, la demande domestique toujours atone dans de nombreux pays, la faible indexation des salaires à l’inflation, le maintien des prix administrés sur certaines denrées de première nécessité et une maîtrise des coûts de l’énergie (prix à la pompe notamment) constituent des leviers importants de modération de la dynamique des prix dans la CEMAC.
Toutefois, le spectre des aléas climatiques dans les zones sahéliennes de la Sous-région constitue un facteur interne de risque de pénurie alimentaire. L’ensemble de ces éléments concourt à un accroissement de l’incertitude autour des perspectives d’inflation dans la CEMAC à moyen terme.
Compte tenu de cette architecture, il ressort globalement que sur la période de prévision, il y a environ 63,5 % de chances que l’inflation en moyenne annuelle demeure à moyen terme sous le critère de convergence multilatérale de 3,0 %, contre 82,6 % lors des estimations du Comité de politique monétaire (CPM) du décembre 2021.
Selon la BEAC, ce recul de 12,8 points de la probabilité du respect de la norme communautaire est une conséquence de la forte hausse des prix dans la CEMAC enregistrée depuis le début de l’année 2022, couplée à l’incertitude autour de l’évolution de l’environnement international.



















