C’est un Marc Gaffajoli bien à l’aise sur son sujet, qui s’est entretenu avec nos confrères du quotidien l’Union cette semaine. Si au cours des échanges, il a évoqué les difficultés liées au marché ainsi qu’à l’activité, l’homme n’a pour autant pas fait fi des performances qu’affiche son société.
Sur le premier aspect, il a notamment édifié l’opinion sur le marché domestique dont il reste en quasi-monopole. Laquelle disposition, pensent à tort ou à raison certains qui l’accusent de fixer arbitrairement les prix et in fine, d’entretenir la spéculation…
Evidemment, à sa décharge, M. Gaffajoli a usé de pédagogue, pour expliquer que le secteur fait plutôt face au contexte économique qui s’accommode malheureusement des facteurs, à la fois endogènes et exogènes. « Nous sommes en effet, comme tous les acteurs économiques, confrontés à une inflation galopante chez nos fournisseurs : les pièces détachées aéronautiques ont augmenté de 7 à 10%, les coûts logistiques pour les acheminer ont explosé, la parité CFA / dollar US a généré une augmentation de 20% de nos loyers avion et le prix du kérozène a doublé entre Janvier et Juillet 2022 », fait-il savoir.
Tout en précisant que : « Si toutes ces augmentations étaient reflétées dans nos prix (la part transporteur), croyez bien qu’ils seraient nettement plus hauts. S’il y avait des concurrents, on ne nous ferait peut-être plus ce mauvais procès d’intention… ».
Au sujet de la concurrence, M. Gaffajoli indique par ailleurs n’avoir la moindre inquiétude. Au contraire, « … Nous la vivons sur le réseau régional. Aujourd’hui, nous desservons Douala, Yaoundé, Malabo, Pointe-Noire, Brazzaville, Cotonou et bientôt Kinshasa et Sao Tomé de nouveau », avise-t-il.
Avant de rappeler que : « Toutes ces lignes ont, ou auront un autre opérateur aérien. Mais nous sommes pourtant, en part de marché, la compagnie préférée des passagers sur ce réseau. Nous avons des imperfections, mais nous sommes constants et rigoureux et nous avons élevé le niveau dans tous les domaines. Nous sommes par exemple depuis fin Juillet le seul opérateur d’avion neuf de la région et nous avons renouvelé en Juin notre certification IOSA, qui est le standard le plus élevé de sécurité aérienne dans la profession », souligne-t-il.
Interrogé sur les leviers à activer pour doper le marché domestique, M. Gaffajoli a non seulement indiqué sa disponibilité à jouer sa partition, mais également préciser que les efforts doivent être partagés. « Je suis prêt à prendre ici l’engagement de baisser la part transporteur si la part des redevances et taxes baissent, en particulier la TVA. Je veux croire que les Gabonais et les Gabonaises aiment prendre l’avion. La preuve en est le succès de notre offre à 49 900 FCFA ».
Seulement, insiste-t-il, « Afrijet qui est compagnie aérienne 100% gabonaise, ne bénéficie pas du soutien de l’Etat, comme cela se fait sous d’autres cieux à travers le continent ». De ce fait, il cite en exemple, certaines compagnies qui opèrent en Afrique de l’Ouest et du centre et dont les coûts varient entre 30 et 90 milliards de francs CFA par an, à leurs États respectifs. « Les chiffres sont publics. Elles ont aussi toutes bénéficié d’un soutien financier spécifique durant la crise du Covid, ce ne fut pas notre cas », déplore-t-il.



















