Ainsi, pour l’exercice 2022, les autorités gabonaises restent fermement engagées à promouvoir, non seulement une politique fiscale incitative pour l’investissement en soutien aux secteurs porteurs de croissance, mais également une rationalisation des incitations fiscales.
Dans ce cadre, il importe de retenir qu’en 2021, l’économie gabonaise a enregistré une reprise de sa croissance par rapport à 2020, en lien avec le regain d’activité sur les marchés internationaux et l’assouplissement des mesures barrières contre la pandémie de Covid-19. En effet, après la récession de 2020 (-1,8%), l’activité en 2021 s’est soldée par une croissance positive à +1,5%, portée par le PIB hors pétrole (+2,5%) malgré la baisse du PIB pétrolier (-6,7%).
En 2021, le secteur de l’emploi a enregistré une hausse des effectifsde1,2% comparativement à l’année 2020, influencée par le secteur public (+2,6%) nonobstant le repli observé dans le secteur privé, impacté par la pandémie de la Covid-19 (-0,5%).
En matière des prix, l’année 2021 a été marquée par une atténuation des pressions inflationnistes affichant en moyenne annuelle un taux d’inflation de 1,1% contre +1,4% en 2020. Cette maitrise de l’inflation résulte notamment du maintien des mesures gouvernementales de lutte contre la vie chère et des prix à la pompe depuis mars 2020.
Notons toutefois qu’il a été observé au quatrième trimestre 2021 comparativement à la même période en 2020, les tensions inflationnistes sur les produits alimentaires notamment les poissons et autres produits séchés (+10%), l’huile raffinée (+10,2%) et volaille (+5,1%).
La balance des paiements du Gabon s’est soldée par une détérioration du déficit en 2021 de l’ordre de 187,4 milliards de FCFA (-1,7% du PIB) contre 1,6 milliard de FCFA en 2020 (-0,02% du PIB). Cette situation résulte du déficit du compte des capitaux malgré un retour à l’excédent du compte courant.
La situation monétaire large à fin décembre 2021 est marquée par une détérioration des avoirs extérieurs nets (-54,4%), une hausse de la masse monétaire (+5,1%) et une consolidation du crédit intérieur net (+17,5%), en lien avec l’évolution du secteur réel, des finances publiques et des échanges extérieurs.
En tenant compte des perspectives de croissance de l’économie mondiale à 3,6 % en 2022 et de l’embellie observée au premier trimestre 2022, l’activité économique nationale devrait s’améliorer en 2022. La croissance est ainsi projetée à +2,8% en 2022 contre +1,5% en 2021. Cette amélioration résulterait des performances du secteur pétrole (+7,1%) et hors-pétrole (+2,5%) boostée par la poursuite de la mise en œuvre du Plan d’accélération de la transformation (PAT) démarré en 2021.
En 2023, le taux de croissance du PIB s’établirait à 3,2%, résultat de l’amélioration conjointe du secteur pétrole (+2,2%) et du secteur hors pétrole (+3,3%). Cette performance prévisionnelle de l’activité économique serait corrélée à la poursuite de l’exécution des projets porteurs du PAT.
En matière de finances publiques et budget, le gouvernement reste fermement engagé à promouvoir, non seulement une politique fiscale incitative pour l’investissement en soutien aux secteurs porteurs de croissance, mais également une rationalisation des incitations fiscales. Ces dernières n’ont pas toutes atteint les objectifs recherchés et leur mise en œuvre s’est notamment traduite par des avantages discrétionnaires, des contreparties non respectées et une concurrence déloyale.
Sur l’exercice 2022, l’exécution des finances publiques se caractériserait par cinq objectifs : un excédent primaire de 4,1% du PIB; un déficit primaire hors pétrole de 6,2% du PIB hors pétrole ; un excédent base ordonnancement de 2,5% du PIB ; un excédent base caisse de 1% du PIB et enfin, un taux d’endettement de 54,1% du PIB.
Il convient néanmoins de noter que l’année 2021 s’est caractérisée par une augmentation des recettes de 4,9%, en raison notamment de la reprise de l’activité économique. Cette évolution résulte essentiellement des performances enregistrées dans le secteur hors pétrole (+7,7%) en dépit d’un repli dans le secteur pétrolier (-0,2%).
S’agissant des dépenses, les dépenses budgétaires ont augmenté de 0,8% en 2021 comparativement à 2020, suite à l’accroissement des dépenses de fonctionnement et du règlement des intérêts. L’accroissement des dépenses de fonctionnement résulte notamment de la progression de celles de biens et services en raison de la poursuite des efforts de prise en charge des dépenses liées à la Covid-19.
En 2021, l’exécution du budget de l’Etat s’est soldée par un excédent primaire en repli (0,9% contre 1,7% en 2020), un déficit du solde base ordonnancement (-1,1%) et un retour à l’excédent pour le solde base caisse (+0,2%) avec un déficit primaire hors pétrole à 7,1% du PIB hors pétrole.



















