Selon la BEAC, l’activité des services adossés à la monnaie électronique au cours de l’exercice 2020 est en progression. Tant sur les plans nationaux qu’à l’échelle régionale par une hausse des principaux indicateurs relatifs à l’accès et à l’utilisation.
En valeurs, les transactions de monnaie électronique qui s’élevaient à 11 335 milliards de F CFA en 2019 ont dépassé 14 822 milliards en 2020. Soit, une progression de +33,33 %, quasiment du même niveau que l’année précédente (+34 %). Elles ont représenté en 2020, l’équivalent de 29,07 % du PIB de la CEMAC contre seulement 20,6 % en 2019 (+41 % d’augmentation).
Toutefois, si la tendance est à la hausse dans tous les pays, il existe néanmoins une très grande disparité entre eux.
En Guinée Equatoriale l’activité de la seule banque autorisée (BGFIBank) est quasiment limitée aux seuls clients de la banque. Aucun opérateur de téléphonie mobile n’exerce l’activité, ce qui ne favorise pas son éclosion.
Au Tchad, l’activité est ralentie par les habitudes des populations qui utilisent encore illégalement le crédit téléphonique comme monnaie. En République Centrafricaine, les contraintes liées à l’identification des clients auxquelles sont confrontées les prestataires de service de paiement de tous les pays sont plus marquées.
De plus, l’insécurité qui règne dans certaines régions ne permet pas d’assurer la liquidité du réseau, ce qui est handicapant lorsqu’on sait que l’opération qui permet d’augmenter la confiance du public dans le Mobile Money est le retrait d’argent consécutif à un transfert reçu.
Cependant, l’interopérabilité à venir sera une véritable opportunité pour ces populations très mobiles. Au Congo, plus précisément à Brazzaville, les prestataires subissent la concurrence des opérateurs installés de l’autre rive du fleuve ; cette pratique qui semble tolérée n’est pourtant pas autorisée par la BEAC. A l’intérieur du pays, beaucoup de localités ne sont pas servies.
Au Cameroun et au Gabon, les voyants sont au vert avec un marché dynamique et toujours en croissance. L’évolution de +37 % en 2020, contre +22 % en 2019, de l’encours de monnaie électronique, c’est-à-dire, les sommes détenues par les utilisateurs (porteurs et distributeurs) dans les comptes de porte-monnaie électronique, semble démontrer la confiance grandissante des populations envers ce moyen de paiement.
Il convient cependant de relativiser cette appréciation au regard de la comparaison ou du rapport au chiffre d’affaires de l’activité: comme en 2019, l’encours de monnaie électronique en 2020 représente encore seulement 2 % du total de la valeur des transactions de monnaie électronique.
Ce qui montre que les comportements d’épargne et de décahsing / dématérialisation de la conservation des valeurs monétaires, ne sont pas encore acquis. L’activité de monnaie électronique est encore essentiellement un moyen de transfert ou de transport d’argent et non de cash.



















