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Accueil Coopération

Le Gabon a des atouts et avance à petit pas, mais surement dans sa réponse au VIH (ONUSIDA)

A la faveur du Sommet de l’Afrique occidentale et centrale sur le VIH/sida, l’ONUSIDA a posé des questions sur la riposte au sida à ses cinq directeurs nationaux dans leur pays respectifs.

SC par SC
novembre 10, 2021
dans Coopération, Développement, Gouvernance, International, La Une, Santé - Social
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Françoise Ndayishimiye, la Directrice nationale de l’ONUSIDA au Gabon.

Françoise Ndayishimiye, la Directrice nationale de l’ONUSIDA au Gabon.

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A l’instar de ses quatre collègues par rapport à leurs régions, Françoise Ndayishimiye, la Directrice nationale de l’ONUSIDA au Gabon a présenté la situation du pays. Dans ses explications, elle explique de manière globale que le Gabon a des atouts, et avance à petits pas, mais surement dans sa réponse au VIH.

Avec un soutien approprié, elle assure que le pays peut reprendre la trajectoire visant à éliminer le sida d’ici à 2030. L’accès au dépistage et aux traitements antirétroviraux (ARV), gratuit depuis 2005, s’est modernisé avec la généralisation de l’utilisation du Dolutégravir.

Dans ce cadre, elle met exergue, la décentralisation de la prise en charge ; et l’implication accrue de la société civile dans l’accompagnement des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) sous traitement ARV.

La législation a dépénalisé l’homosexualité pour favoriser leur accès aux services de prévention et de prise en charge. Les législations en faveur de l’égalité de l’homme et de la femme et contre les violences faites aux femmes sont des ajouts majeurs qui favoriseront l’environnement juridique et politique pour accélérer la réponse au VIH.

Il reste cependant des progrès à faire dans le renforcement de la chaîne d’approvisionnement et de gestion des intrants en particulier des antirétroviraux pour éviter des ruptures de stock des intrants nécessaires pour les luttes contre le VIH et les autres endémies.

En outre, se pose l’obligation d’investir des ressources conséquentes pour renforcer la prévention et prioriser davantage les populations clés et notamment les adolescents et les jeunes y compris ceux qui vivent avec le VIH, indique-t-elle.

« Ils ont besoin d’être soutenus par des pairs, de recevoir une éducation sur la santé sexuelle et reproductive à l’école et en dehors, afin de leur garantir un avenir sans VIH. Pour y arriver, une réponse multisectorielle est indispensable. En tant que pays champion pour l’initiative Education Plus, le Gabon est le mieux placé pour accélérer des actions holistiques pour prévenir les nouvelles infections chez les jeunes et en particulier les jeunes filles », préconise Mme Ndayishimiye.

Des progrès significatifs  

En termes de progrès réalisés dans la riposte du pays à l’épidémie de VIH au cours des cinq dernières années, elle fait observer des avancées significatives. «Ces cinq dernières années ont été marquées de plusieurs grandes avancées au Gabon. Tout d’abord, à la politique de gratuité des tests de dépistage et des antirétroviraux (ARV) pour toutes les lignes thérapeutiques adoptée depuis 2005, s’est ajoutée l’adoption de la politique « Tester et traiter », la décentralisation des services de prise en charge et la prise en charge totale de la femme enceinte séropositive», a-t-elle souligné.

Elle salue également l’implication de la société civile dans la réponse au VIH, à la tuberculose et aux autres pandémies a été renforcée, bien que beaucoup reste à faire à ce niveau.

Tout comme, l’inclusion le Dolutégravir dans le protocole de première intention y compris chez la femme enceinte ou allaitante. Davantage d’efforts ont été investis dans la lutte conjointe contre le VIH et la tuberculose, telle que l’utilisation des appareils GenXpert pour la réalisation du diagnostic précoce (PCR) et de la charge virale VIH dans toutes les provinces.

Il en est de même de la dépénalisation de l’homosexualité qui a été votée et signée par le président Bongo le 7 juillet 2020. Il permet un meilleur accès aux services et un environnement favorable pour diminuer la stigmatisation et la discrimination.

Les principaux défis à relever

Au Gabon, les cinq dernières années ont été marquées par des ruptures de stock répétitives pour les ARV, les tests de dépistage du VIH et les préservatifs. Elles sont généralement, selon la Directrice nationale de l’ONUSIDA, liées à la faible qualité de la planification des besoins, de l’organisation de toute la chaîne d’approvisionnement et de gestion des intrants en particulier des antirétroviraux, et l’insuffisance des fonds au moment opportun.

Autres défi énumérés, la reconnaissance, la valorisation des apports des organisations de la société civile et l’institutionnalisation des acteurs de la santé communautaire (ASC) reste un défi majeur au Gabon. Ces derniers n’ont pas de cadre juridique pour le rôle qu’ils jouent dans la réponse au VIH.

En outre, la prise en charge pédiatrique reste problématique avec moins de 40% des enfants séropositifs ayant accès aux traitements ARV. L’appui aux adolescents et aux jeunes vivant avec le VIH sur le plan socio-éducatif et médical reste insuffisant. Il est primordial de mettre en place un cadre adéquat dédié aux adolescents pour leur prise en charge et de renforcer les réseaux de PVVIH et de jeunes qui permettraient de mettre en œuvre des liens de coaching et de mentoring.

Le dernier défi selon Mme Ndayishimiye est relatif à l’allocation des ressources gouvernementales qui ne couvre pas le minimum des besoins des PVVIH. Et qui, souvent favorise le financement du traitement ARV au détriment de la prévention.

« Il faut investir davantage de moyens dans la sensibilisation et prévention du VIH et autres infections sexuellement transmissibles, en particulier auprès des populations difficiles d’accès et au niveau de la zone des trois frontières (Gabon, Cameroun et Guinée Equatoriale) où la prévalence du VIH est deux fois plus élevée par rapport à la prévalence nationale (estimations nationales) », indique-t-elle.

Quid de l’impact de la Covid-19 sur la riposte au VIH ?

Dans son rapport, Mme Ndayishimiye mentionne que l’accessibilité géographique et financière des patients aux soins VIH a été limités. « Nous continuons à observer des retards d’approvisionnement avec des ruptures de stock de certains médicaments ARV et autres intrants qui limitent l’opérationnalisation de la politique de donner trois à six mois de traitement ARV aux patients stables », souligne-t-elle.

Avant de conclure que, « Bien que l’implication des acteurs communautaires ait permis d’améliorer la situation, la vulnérabilité des PVVIH est notable pendant la crise de la COVID-19 du fait du ralentissement des activités liées au VIH, et la difficulté d’accéder aux soins en cas de maladies opportunistes ».

Elle émet enfin deux requêtes : le premier étant de rendre la lutte contre le sida véritablement multisectorielle et investir aussi bien dans la prise en charge des PVVIH que dans la prévention du VIH. Et deuxièmement,, octroyer une attention particulière et un soutien financier aux associations de lutte contre le sida, en particulier ceux des personnes vivant avec le VIH qui sont épuisées par des efforts bénévoles continus.

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