Dans son rapport sur les perspectives économiques mondiales d’avril 2026, le Fonds monétaire international (FMI) alerte sur la hausse du ratio d’endettement public des Etats de la CEMAC. L’institution de Bretton Woods, dans ses analyses renseigne que le ratio d’endettement public de la CEMAC a été sensiblement révisé à la hausse, à 51,6 % du PIB (+2,2 pp), soit près du double du niveau enregistré en 2014.
Par pays, le Congo demeure l’économie avec le taux d’endettement le plus élevé de la zone, avec un ratio de 91,3 % du PIB prévu en 2026, en amélioration toutefois par rapport aux 96,8 % estimés pour 2025 grâce aux remboursements en cours et aux efforts de restructuration de la dette extérieure.
Au Gabon, l’endettement poursuit de manière allègre sa tendance haussière
Le pays voit par exemple son ratio progresser à 86,1 % (contre 78,9 % en 2025) sous l’effet de sa politique d’investissements massifs. À long terme, d’autres s’appuyant sur certains modèles économétriques estiment quant à elles, que la dette publique par rapport au PIB devrait se situer autour de 84,00 % du PIB en 2026 et 81,00 % du PIB en 2027.
C’est une situation qui ne date pas d’aujourd’hui. En 2022-2023, le pays avait déjà observé de considérables . déséquilibres budgétaires dus, aux importants déficits hors pétrole qui ont conduit à une accumulation rapide d’arriérés. Cela, en portant ont porté la dette publique à environ 70½ pour cent du PIB, au-dessus du plafond de la CEMAC, avec un impact sur l’accumulation des réserves.
De son côté, Centrafrique maintiendrait un ratio de 64 %, révélateur de la faiblesse de ses ressources intérieures. Hors CEMAC, la dynamique de la dette publique apparaît contrastée. En RDC, le ratio d’endettement devrait progresser de 4,2 points de PIB pour atteindre 24,6 % du PIB en 2026, sous l’effet de nouveaux emprunts extérieurs, notamment l’émission d’un eurobond d’un montant de 1,25 Md USD en 2026. À l’inverse, la dette de São Tomé-et- Príncipe enregistrerait un recul significatif, de l’ordre de 5,3 points de PIB, pour s’établir à 50,4 % du PIB en 2026.
Sur le plan extérieur, le solde courant de la CEMAC se dégraderait légèrement, à – 3,7 % du PIB en 2026 (contre – 3,5 % dans l’ancienne projection et – 3,2 % en 2025), sous l’effet conjugué du recul des exportations pétrolières et du dynamisme des importations de biens d’équipement et alimentaires. Le Congo affiche le déficit le plus élevé de la zone (- 6,0 % du PIB), dans un contexte de forte dépendance aux hydrocarbures et de dette extérieure lourde.
Le Cameroun quant à lui verrait son déficit se creuser à – 5,1 % du PIB (contre – 3,8 % en 2025), pénalisé par la baisse des exportations de cacao et la hausse des importations de biens intermédiaires. En revanche, le Tchad devrait basculer en excédent (+ 0,8 % du PIB), porté par la progression de ses exportations minières et une contraction des importations.
Des perspectives entourées d’incertitudes
La prolongation du conflit au Moyen-Orient, pourrait favoriser les exportations des pays pétroliers de la zone à travers une hausse du prix du baril de pétrole, mais risquerait simultanément d’accentuer les pressions inflationnistes et d’aggraver certains déséquilibres macroéconomiques. À ces risques externes s’ajoutent des vulnérabilités internes — tensions sécuritaires et chocs climatiques — susceptibles de peser sur la production agricole.



















