L’armée française a commencé à former plusieurs forces africaines à la protection de l’environnement au Gabon dans le cadre d’un programme piloté par l’Académie pour la protection de l’environnement et des ressources naturelles (APERN). L’initiative se concentre sur les nouvelles menaces à la sécurité telles que l’exploitation minière aurifère illégale, la déforestation et la protection des écosystèmes fragiles – des problèmes de plus en plus liés à l’instabilité dans certaines régions du continent.
Africa News rapporte que ces exercices rassemblent des équipes de huit pays africains, dont le Bénin, le Burundi, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Tchad et le Gabon, ainsi que du personnel français. Les participants prennent part à des exercices sur le terrain et à des ateliers destinés à renforcer leurs capacités opérationnelles et à encourager la coopération transfrontalière.
La France revoit sa stratégie après ses revers au Sahel
Ce programme de formation témoigne d’un réajustement plus large de la posture militaire française en Afrique, qui s’éloigne des déploiements de troupes permanents pour privilégier des modèles fondés sur le partenariat. Cette situation fait suite à une série de revers diplomatiques et militaires au Sahel, où des pays comme le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont repoussé les forces françaises et redéfini leurs alliances de sécurité.
Plutôt que de maintenir des bases, Paris se concentre désormais sur la formation, le partage de renseignements et le renforcement des capacités, une approche que les responsables jugent plus durable et mieux adaptée à l’évolution des priorités des gouvernements africains.
« Ce partenariat est avant tout un échange – un échange d’expertise », a déclaré le commandant Clavier, directeur technique de l’Académie pour la protection de l’environnement et des ressources naturelles (APERN), soulignant que la France s’appuie sur l’expérience acquise lors des opérations en Guyane française tout en intégrant les connaissances locales du Gabon.
La présence du ministre de la Défense du Gabon à cet événement témoigne de l’importance politique croissante de la sécurité environnementale, alors que l’exploitation minière illégale et la déforestation se mêlent de plus en plus au crime organisé et aux groupes armés. Le regain d’engagement de la France suggère un pivot stratégique plutôt qu’un repli, puisqu’elle cherche à reconstruire son influence en Afrique par la coopération plutôt que par la domination militaire.





























