En 2025, l’administration Trump a imposé de nouveaux tarifs douaniers sur les exportations des pays de la région de l’Afrique centrale sur le marché américain. Ces nouveaux droits de douane américains varient selon les pays et surtout des humeurs du locative de la Maison Blanche, Donald Trump. Cette nouvelle grille tarifaire se présente comme suit : 15% pour le Cameroun, la Guinée équatoriale, la RDC, et le Tchad, et 10% pour le Congo, le Gabon, et la Centrafrique. Analyse par pays…
Cameroun
Au Cameroun, à court terme, les entreprises des secteurs du pétrole, de l’agriculture et de la foresterie seraient les plus affectés par les nouveaux droits de douane américains. Car, les exportations du Cameroun vers le marché américain sont principalement composées de pétrole, de cacao, de bois et de caoutchouc naturel. Cette situation va induire la baisse des recettes publiques (le pétrole et le gaz représentent plus de 50% des exportations du pays en 2023).
En outre, le déficit du compte courant du Cameroun avec les États-Unis devrait légèrement se creuser car les États-Unis ne figurent pas dans le Top-10 des principaux clients du Cameroun (77,1% des exportations du pays en 2023). A moyen terme, le ralentissement de la croissance des économies des principaux partenaires du Cameroun et de l’économie mondiale pourrait impacter le Cameroun.
Congo
Les nouveaux tarifs douaniers pourraient entrainer la baisse en volume des exportations qui entrainerait un déficit additionnel de la balance commerciale prévu à juste 2% du PIB avant les annonces. Ils pourraient également occasionner un repli des recettes publiques, creusant le déficit budgétaire qui était attendu excédentaire en 2025, affectant la soutenabilité de la dette publique ainsi que des ajustements budgétaires importants au niveau des investissements publics, contribuant davantage à entraîner le pays vers la récession économique.
A moyen terme, si le déficit s’accentue avec la crise, le niveau d’endettement sera non soutenable, entraînant des services de la dette beaucoup plus importants et contraignant les investissements publics dans des secteurs prioritaires pour relancer la croissance ; les déficits de la balance commerciale mettront en mal le niveau des réserves extérieures. A long terme, se profil un risque de récession prolongée et hausse du chômage qui pourrait même contribuer à une instabilité sociale.
Gabon
Dans le cas du Gabon, l’impact sur ses exportations vers les États-Unis sera limité à court terme. Cela, en raison de sa faible dépendance commerciale aux États-Unis (les États-Unis ne représentaient que 1,28% des exportations totales du Gabon en 2023).Dans le moyen terme, les perspectives macroéconomiques pourraient être compromises, à travers la baisse des revenus tirés des exportations de pétrole et de manganèse (80% des exportations totales du pays) ; la détérioration de la situation des finances publiques et de la position extérieure du pays.
Guinée équatoriale
A court terme, le pays va observer une réduction de moindre ampleur des exportations (les exportations de la Guinée équatoriale vers les États-Unis représentaient en moyenne 5,3% des exportations totales du pays entre 2021 et 2023), affectant la position extérieure du pays ; la diminution des revenus du pays ; et la hausse de l’inflation. A moyen terme, accentuation du ralentissement de l’économie
RCA
S’agissant de la République centrafricaine, dans le court terme, il est attendu un impact budgétaire qui sera relativement limité. Car,la contribution des exportations au budget de l’Etat reste relativement faible (5,2 millions de dollars en 2024 de droits et taxes collectés à l’exportation, soit 2,8% des recettes budgétaires). Toutefois pour les comptes extérieurs, la réduction des exportations centrafricaines pourrait avoir un impact sur le niveau des avoirs extérieurs du pays. Dans le moyen terme, le pays pourrait enregistrer un recul des recettes d’exportations qui pourrait augmenter les tensions inflationnistes, renchérir le coût de la dette, et affecter la poursuite des investissements dans les secteurs sociaux.
Tchad
A court terme, la baisse des exportations (les États-Unis représentent 2% des exportations tchadiennes en 2023), surtout de gomme arabique qui pourrait dégrader davantage le solde courant extérieur (-1,0% du PIB en 2025) ; la hausse de l’inflation et la baisse de la croissance. A moyen terme, les effets pourraient être limités sur le secteur secondaire car les exportations portent essentiellement sur les matières premières ; le secteur primaire serait touché surtout en termes de baisse de revenus des producteurs. A long terme, les risques incluent la hausse du chômage et l’instabilité sociale, avec une hausse du taux de pauvreté notamment dans les zones rurales qui dépendent fortement de la collecte de gomme arabique.
Avec la BAD


















