Le 09 mai dernier, l’ONG, LA LIANE a pris une part active à la célébration de la Quinzaine de l’Europe au jardin de la Union européenne à Libreville. A l’occasion, son président, LOUEY NTOGOLO Christophen, expert environnemental – spécialiste des écosystèmes marins et mangroves a exposé sur le renforcement de la protection durable des mangroves et des écosystèmes marins du ‘’Grand’’ Libreville. Une masterclass en la matière qui a largement séduit les invités.
« Les mangroves du Grand Libreville constituent aujourd’hui un enjeu stratégique national en raison de leur importance environnementale, économique et sociale »
Tel un capitaine au long cours, LOUEY NTOGOLO Christophen a navigué dans les eaux complexes et parfois troubles des mangroves et des écosystèmes marins avec beaucoup de maitrise et d’assurance. Alliant dextérité et sagacité approfondie dans le domaine, il a séquencé sa présentation en cinq axes : contexte ; enjeux stratégiques pour le Gabon ; axes stratégiques ; approche opérationnelle et les impacts attendus
Sur le contexte, le défenseur de la cause des mangroves et des écosystèmes marins a édifié les invités sur le patrimoine écologique exceptionnel reconnu au niveau international, dont dispose le Gabon. Notamment, ses écosystèmes marins et côtiers qui jouent un rôle majeur dans la préservation de la biodiversité, la régulation climatique et la protection des communautés littorales.
En effet, a-t-il souligné, « Les mangroves du Grand Libreville constituent aujourd’hui un enjeu stratégique national en raison de leur importance environnementale, économique et sociale. Elles représentent une barrière naturelle contre l’érosion côtière, un important réservoir de carbone bleu ainsi qu’un habitat essentiel pour de nombreuses espèces aquatiques », a-t-il déclaré. Avant de nuancer que « ces écosystèmes font cependant face à plusieurs menaces : pollution par les déchets solides et plastiques ; occupation anarchique des zones côtières ; dégradation progressive des mangroves ; insuffisance des actions de sensibilisation ; pressions humaines croissantes liées à l’urbanisation… »
Enjeux stratégiques pour le Gabon
Pour cet expert environnemental, la protection des mangroves et des écosystèmes marins s’inscrit directement dans la vision du Gabon vert ; les engagements climatiques internationaux du Gabon ; le développement de l’économie bleue ; la préservation de la biodiversité nationale ; les politiques de résilience climatique et de développement durable. Dans ce cadre, le renforcement des actions environnementales dans les zones côtières représente une opportunité stratégique pour attirer les financements climatiques internationaux ; développer les projets carbone bleu ; renforcer l’image du Gabon comme leader africain de la conservation et créer des emplois verts communautaires.
Axes stratégiques
Les mangroves et des écosystèmes marins constituent un énorme potentiel économique mais aussi et surtout de développement durable. Pour en tirer meilleur profit, LOUEY NTOGOLO Christophen a lancé une invite à une prise de conscience de tous et de chacun, tout en proposant cinq axes pour lutter contre leur destruction.
Le premier axe porte sur le renforcement des campagnes de sensibilisation environnementale. Il s’appuie sur le déploiement de programmes communautaires de sensibilisation ; l’implication de la jeunesse et des établissements scolaires et la création d’initiatives citoyennes de protection des mangroves.
Quant au deuxième axe, il concerne la lutte contre la pollution dans les zones côtières. Laquelle doit être accompagnée par l’organisation d’opérations régulières de collecte des déchets ; la mise en place de mécanismes locaux de gestion des déchets et le renforcement des actions de surveillance environnementale.
Le troisième fait référence au développement d’un programme pilote de restauration des mangroves. Il a comme véhicules, le reboisement des zones dégradées ; l’implication des communautés riveraines et le suivi écologique des zones restaurées.
Le quatrième axe porte quant à lui, sur la promotion de l’économie bleue durable. Il s’articule sur le développement des emplois verts ; la valorisation des activités écotouristiques et l’appui aux initiatives communautaires durables.
Le cinquième et dernier axe fait référence au renforcement des partenariats techniques et institutionnels. Son implémentation va nécessiter la collaboration avec les institutions publiques ; la mobilisation des partenaires techniques et financiers et le développement de projets soutenus par les mécanismes internationaux climat-environnement.
Proposition d’approche opérationnelle
En guise d’approche opérationnelle, M. LOUEY NTOGOLO a proposé la mise en œuvre de ces actions pourrait s’appuyer sur les collectivités locales ; les organisations communautaires ; les ONG environnementales ; les partenaires internationaux et les structures techniques de l’État. Selon lui, seule une approche participative permettrait de renforcer l’adhésion des populations et d’assurer une meilleure durabilité des initiatives.
Quid des impacts attendus ?
Pour être complet dans son exposé, M. LOUEY NTOGOLO n’a pas manqué de rappeler les impacts attendus. « Cette réduction progressive de la pollution des mangroves ; le renforcement de la sensibilisation citoyenne ; la préservation durable des écosystèmes marins ; la contribution aux engagements climatiques du Gabon ; l’amélioration de la résilience environnementale des communautés et le renforcement du leadership environnemental du Gabon », a-t-il déclaré.
Autrement dit, face aux enjeux environnementaux et climatiques actuels, la protection des mangroves et les écosystèmes marins constitue selon lui, une priorité stratégique pour le Gabon. Ainsi, « Le développement d’initiatives communautaires, institutionnelles et techniques dans ce domaine permettra de renforcer durablement la conservation du patrimoine écologique national tout en contribuant aux objectifs de développement durable et d’économie verte et bleue portés par les plus hautes autorités de la République », a conclu ce spécialiste des écosystèmes marins et mangroves.
Pour la bonne gouverne, l’ONG, LA LIANE est une organisation à but non lucratif basée à Libreville, qui œuvre pour la biodiversité, la protection des terres, l’Homme et son environnement, notamment la restauration des mangroves et la lutte contre la pollution plastique.


















