Au moment où le Gabon fait des mains et des pieds pour composter un nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI), le Pr. Giscard Assoumou-Ella jette un regard inquisiteur sur le rendu des précédents accords paraphés avec cette institution de Bretton Woods, soit 21 depuis 1986.
Dans une tribune intitulée ‘’De l’austérité sur le peuple à la rigueur sur les rentes improductives : analyse d’un ajustement Paretoaméliorant au Gabon’’, l’agrégé des Sciences économiques analyse les défis de la stabilisation macroéconomique au Gabon à l’horizon 2026. Non sans porter une critique majeure sur les fameux Programmes d’ajustement structurel imposés par le FMI dans les années 1980 et 1990.
Sa lecture de ces premiers cycles d’ajustement réside dans leur caractère indifférencié, souvent qualifié « d’austérité aveugle ». Selon lui, ces programmes, guidés par une logique purement comptable de rétablissement des soldes primaires, ont souvent imposé des coupes linéaires sans distinction suffisante entre les dépenses de consommation improductives et les investissements nécessaires au développement humain.
Conséquences, explique-t-il, « cette approche mécanique a eu pour effet pervers de déstructurer les services publics essentiels et d’asphyxier l’investissement public, hypothéquant ainsi le potentiel de croissance à long terme au profit d’une solvabilité de court terme ». Et d’ajouter, « Cette rigidité du « Consensus de Washington » a été largement remise en cause pour son incapacité à prendre en compte les spécificités institutionnelles locales, conduisant à des échecs de mise en œuvre ».
L’universitaire gabonais explique par ailleurs que, « l’histoire a ainsi cristallisé une opposition binaire délétère : d’un côté, une rigueur financière perçue comme une mise sous tutelle antisociale ; de l’autre, une dépense publique inefficace mais vue comme le seul amortisseur social disponible ».
Avant de conclure, « Pour le Gabon de 2026, l’enjeu est de sortir de ce dilemme. La problématique n’est plus seulement de savoir de combien il faut réduire le déficit, mais comment opérer cette réduction sans reproduire les erreurs procycliques du passé. L’ajustement ne peut réussir que s’il parvient à concilier crédibilité financière et stabilité sociale, une nécessité qui impose de dépasser les modèles standards de contraction de la demande ».


















