Humour, pédagogie, pragmatisme et rhétorique… étaient au rendez-vous de la Conférence de presse du Conseiller spécial, Porte-parole de la présidence de la République, Max Olivier Obame Ndong, le 20 février dernier. A la faveur de cette sortie, le maître de céans n’a manifestement pas été tendre envers certains acteurs politiques. Dans son collimateur, le Professeur Albert Ondo Ossa et l’ancien Premier ministre, Alain-Claude Bilie-By-Nze, tous deux très en verve depuis quelques temps, et surtout depuis l’annonce de la date du premier tour de l’élection présidentielle.
Dans un style plutôt humoristique, mais aux relents incisifs, le Porte-parole de la présidence de la République a subtilement réglé les comptes au premier cité, le Professeur Albert Ondo Ossa, condamnant de fait sa sortie, à la limite hasardeuse, selon lui, sur l’élection présidentielle du 12 avril prochain : « L’élection présidentielle n’aura pas lieu. Mieux, je ferais tout pour qu’elle n’ait pas lieu. Avant de boucler par la révision à la baisse de la note souveraine du Gabon par une agence de notation qui pour lui, ne signifie rien d’autre que le gouvernement n’aura pas suffisamment de moyens financiers pour organiser cette élection ».
Visiblement gêné par ces propos, mais avec un zeste de sourire malicieux, le porte-parole de la présidence de la République a répondu par une rhétorique assortie à cette invective. Cette déclaration, a-t-il réagi, « aurait prêté à sourire, si elle n’émanait pas d’un Professeur des Universités. C’est-à-dire quelqu’un de rationnel qui tire des conclusions après une analyse minutieuse ».
Sur le sujet, Max Olivier Obame Ndong a expliqué que le choix de cette date du 12 avril obéit plutôt à plusieurs facteurs. Autrement dit, elle « sous-entend que toutes les questions d’intendance, d’achat de matériels électoral, de redéploiement des équipes techniques, de logistique ont déjà été résolus en amont ». Avant de réitérer à la gouverne du Professeur, « que l’élection se tiendra bien à la date prévue, c’est-à-dire le 12 avril 2025. Mieux, le Gabon est prêt et honorera ses engagements de souveraineté ».
Abordant l’appréciation de la note souveraine du Gabon des agences de notation dont le rôle est de mesurer le risque de non-remboursement des dettes que présente l’emprunteur, M. le porte-parole de la présidence de la République a visiblement a ressorti ses aptitudes académique et pédagogique, au point de laisser transparaitre une propension de recadrer le professeur agrégé d’économie. Morceau choisi : « les décisions des agences sont annoncées longtemps à l’avance pour qui veut se donner la peine de décrypter le langage codé des agences. Il ne s’agit pas de la situation présente, mais de la situation à venir et les Etats sont obligés de mettre en place des politiques budgétaires qui leur permettent de réduire leur déficit, soit en augmentant les impôts soit en diminuant les dépenses. On a trop tendance à ne regarder que la note sans l’analyser », a-t-il déclaré.
Poussant un peu plus loin son raisonnement, il a en outre soutenu que, « Les économistes sont formels à ce point. Un ratio est une chose, son appréciation qualitative en est une autre ». Et que pour être tout à fait concret, « le Gabon vient de lever sur les marchés internationaux plus de 570 millions de dollars, alors qu’on sollicitait 500 millions. Cet exemple montre à lui seul que notre pays est crédible et il a la confiance des institutions financières et des bailleurs de fonds internationaux ». Une preuve de plus, « palpable de l’indétermination, sans signification, des prévisions du Pr. qui, soit dit en passant, n’en est pas à sa première », a plaisanté M. Obame Ndong.
Non sans ressasser ses pronostics alarmistes de 2009 avérée factices, qui prédisaient un défaut de paiement des salaires des fonctionnaires gabonais. Un détail suffisamment confortant, pour M. Obame Ndong de qualifier les analyses et projections du Professeur Albert Ondo Ossa sur le Gabon, d’erronées dans la plupart des cas, et manquant parfois d’objectivité, « parce que tout simplement traversées d’idéologie ». Avant de conclure cet exercice qui frisait plutôt un réquisitoire, le Conseiller spécial, Porte-parole de la présidence de la République a tout simplement déploré de la part d’Albert Ondo OSSA, « sa différence entre les projections théoriques des amphithéâtres et la réalité pratique sur le terrain ».



















