Au Gabon le secteur du numérique fait désormais partie des leviers et moteurs de croissance du pays. Cette considération a été mise récemment en exergue par le ministre de l’Économie numérique et des Nouvelles technologies de l’information, Bonjean Rodrigue Mbanza, devant la Commission des finances, du budget, de la comptabilité publique, des affaires économiques et de la production de l’Assemblée nationale
Au cours de cette activité, le membre du gouvernement a présenté les grands projets de son département à la représentation nationale. Ainsi, Bonjean Rodrigue Mbanza a défendu un budget de 32,3 milliards de FCFA (environ 52 millions de dollars) pour ces projets en 2025, dont l’un des principaux objectifs est l’atteinte de la souveraineté numérique.
Les principaux chantiers présentés par le membre du gouvernement portaient sur la poursuite du processus de transformation numérique, la quête de la souveraineté numérique. Dans cette dynamique, le gouvernement prévoit de construire deux centres de données dès 2025, ce qui permettra au pays de moins dépendre des multinationales privées pour stocker et sécuriser ses données.
Autres chantiers et non des moindres, la réparation du backbone sur l’axe Libreville-Franceville est également l’un des projets importants mis en avant par le ministre. S’étendant sur environ 1075 km, cet axe fait partie du projet Central African Backbone (CAB), qui a pour but d’interconnecter les pays d’Afrique centrale, en passant par le Gabon, avec un réseau à haut débit.
Il est également relié au câble sous-marin ACE (Africa Coast to Europe). Ce projet permettra d’améliorer la connectivité et de réduire la fracture numérique dans le pays. Il faut également souligner que cette infrastructure positionne le Gabon comme un acteur stratégique dans l’économie numérique régionale et internationale.
La réhabilitation de l’Institut africain d’informatique (IAI) fait aussi partie des objectifs de 2025. Basé à Libreville, cet institut propose des formations telles que le génie logiciel, les systèmes d’exploitation, les réseaux et la gestion des bases de données. Les Gabonais pourront ainsi recevoir des formations de qualité au sein d’un institut qui dispose de partenariats avec diverses universités internationales, renforçant ainsi la reconnaissance de ses diplômes au-delà des frontières africaines.
Pour rappel, le Gabon se positionne à la 15e place continentale en matière d’e-gouvernement et affiche un indice de développement de l’administration en ligne (EGDI) de 0,5741 sur 1, selon le rapport « E-Government Survey 2024 : Accelerating Digital Transformation for Sustainable Development » du département des questions économiques et sociales des Nations Unies (UN DESA). À l’indice d’adoption des TIC, l’Union internationale des télécommunications (UIT) classe le pays au 10e rang continental avec un score de 74,7 sur 100. Cependant, le Gabon a obtenu un score de 39,86 sur 100 à l’indice mondial de la cybersécurité.



















