Le représentant résident du Fonds monétaire international au Gabon, Agou Gomez Gbedia a échangé avec la presse ce 28 juin 2022. A l’occasion, il est revenu sur les grandes lignes ainsi que l’état d’avancement du programme approuvé par le Conseil d’administration du FMI le 28 juillet 2021.
S’agissant du nouvel appui appui financier dont vient de bénéficier le pays, Agou Gomez Gbedia a fait savoir qu’il est consécutif à un ensemble de progrès réalisés par le pays dans le cadre des deux premières revues de ce programme.
Il s’agit notamment de la publication du rapport d’audit des dépenses Covid, de la signature de l’arrêté nécessitant la publication des noms et nationalités de bénéficiaires des marchés publics, et enfin, de la soumission au Parlement, de la Loi de finances rectificatives qui reflètent les changements économiques opérés avec la guerre en Ukraine.
Cette approbation permet aussi d’ouvrir un nouveau champ de reformes, dans les mois à venir. Notamment, pour améliorer la transparence dans le secteur pétrolier, mais aussi prendre en compte, la situation des personnes économiquement faibles, donc les Gabonais économiquement faibles. Il s’agit aussi de refléter la situation des prix qui, aujourd’hui, impacte le pouvoir d’achat, non seulement des ménages à travers le prix des produits alimentaires, mais aussi à travers les prix des produits pétroliers, a-t-il ajouté.
Toutefois, pour bénéficier de ce nouveau décaissement, le pays a rempli un certain nombre d’exigences a indiqué le représentant résident du Fonds monétaire international au Gabon.
De son avis, « Il y’avait déjà un ensemble de reformes que le gouvernement avait convenu de mettre en place. Elles étaient en principe 14, dans le cadre de la première et la deuxième revue. Avant la mission qui s’est tenue au mois de mai 2022, ici à Libreville, il y avait déjà 11 mesures qui avaient été mises en œuvre par les autorités. Trois restaient en attente », a-t-il précisé.
De manière précise, a-t-il poursuivi, la première était la soumission de la Loi de finances rectificative au Parlement. Quant à la deuxième, elle consistait en la publication du rapport 2020- 2021 des dépenses liées à la lutte contre le Covid. Tandis que la troisième et dernière réforme était relative à la publication de noms et nationalités des bénéficiaires des marchés publics.
Il convient donc de retenir que : « les autorités ont mis en œuvre ces réformes, avec un ensemble de mesures et de gestion budgétaire qui étaient globalement satisfaisant. Ce qui a permis la tenue de notre Conseil d’administration et de faire ce nouveau décaissement », a précisé M. Gomez.
Dans ce droit fil, il a également mis en exergue les spécificités ainsi que les atouts du pays face à la conjoncture économique internationale de l’heure. Il a de ce fait rappeler que le Gabon est un pays producteur net de pétrole. Car, « quasiment un peu plus du quart de ses ressources proviennent de cette matière première », a-t-il indiqué.
Autrement dit, « c’est une ressource importante et stratégique pour le pays. Aujourd’hui, avec la guerre en Ukraine et la hausse des cours du baril, il faut donc s’assurer qu’il y a une bonne gestion de la plus-value qui va émerger de cette hausse des prix du pétrole. Mais aussi, une bonne gestion des dépenses, des couts qui vont provenir de subventions qu’il faudra accorder dans le cas de produits pétroliers, du blé pour le maintien des prix du pain, mais aussi dans le cadre de l’inflation alimentaire que nous voyons un peu partout dans le monde », a conclu Agou Gomez Gbedia.
Pour rappel, le 27 juin 2022 à Washington, DC, le Conseil d’administration du FMI a achevé les première et deuxième revues de l’accord élargi appuyé par le mécanisme élargi de crédit (MEDC) pour le Gabon.
L’achèvement des revues permet un décaissement de 116,1 millions de DTS (155.29 millions de dollars américain), portant le décaissement total à 197,1 millions de DTS (environ 263.63 millions de dollars américain) dans le cadre de l’accord triennal au titre du MEDC conclu avec le Gabon.
L’accord élargi au titre du MEDC a été approuvé par le Conseil d’administration du FMI le 28 juillet 2021 pour permettre au Gabon de faire face aux conséquences économiques de la pandémie de la COVID-19 et de soutenir le programme de réformes économiques et financières des autorités (voir communiqué de presse n° 21/233 ).



















