Dans le cadre de son assistance technique sur la République démocratique du Congo, une équipe du personnel du Fonds monétaire international vient de produire un rapport d’assistance technique ainsi qu’une revue de stabilité du secteur financier sur le pays.
Ce rapport a été réalisé par le département des marchés monétaires et de capitaux. Il est basé sur les informations disponibles au moment où il a été achevé en mai 2022.
Entre autres informations divulguées, il en ressort de celui-ci que la très forte dollarisation de l’économie accentue les risques systémiques. Selon les experts du Fonds, cette dollarisation a plutôt des effets néfastes sur la Banque centrale du Congo (BCC).
En effet, elle anéantit le rôle de cette Banque centrale en tant que prêteur en dernier ressort et, en l’absence de mécanismes de substitution, accroît le risque systémique. « Cette situation nécessite la mise en place rapide d’un mécanisme de résolution et de systèmes de supervision bancaire et de surveillance macroprudentielle qui anticipent les crises et permettent d’agir le plus tôt possible », soutiennent-ils.
Pour ce faire, les FMI préconise qu’à défaut de pouvoir agir comme prêteur en dernier ressort en cas de crise systémique, « il est important pour la BCC d’être en mesure de prévenir les crises, de développer ses indicateurs d’alerte et des instruments qui lui permettraient d’intervenir avec plus d’anticipation. Il existe actuellement un système local de paiements en monnaie nationale mais pas en devises (il en existait un pour la compensation locale en dollars EU, suspendu en 2020) ».
Par conséquent, toutes les grandes transactions, effectuées en dollars américains, se font via des banques correspondantes à l’étranger et non par un système local.
Faut-il le noter, les placements des banques en RDC sont très majoritairement en dollars américains. Il en est de même des crédits à la clientèle et les placements des excédents structurels de ressources auprès des banques correspondantes et des maisons mères. Ces Relations de correspondants bancaires (RCB) se divisent en deux catégories aux profils de risque très différents.
Premièrement, les correspondants bancaires ordinaires, en principe de grands établissements bancaires de pays avancés (et prêts à commercer avec des banques de RDC).
Ensuite, les maisons mères, qui centralisent la trésorerie du groupe, y compris de leurs filiales en RDC, avec le risque que si elles (ces maisons mères) tombaient en déconfiture, une grande partie de l’épargne domestique congolaise serait en péril. Autre point faible, les données disponibles ne font pas la distinction entre ces deux types de placements à l’étranger.



















