La Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) vient de publier son Rapport de politique monétaire couvrant le premier trimestre 2025. S’agissant de la situation monétaire de la CEMAC, la banque centrale renseigne qu’au cours de la période sous revue, la situation monétaire de la CEMAC est restée dynamique, malgré un environnement international moins favorable, marqué par des baisses notables des prix du pétrole et du gaz naturel.
Ainsi, la masse monétaire au sens large et ses composantes ont évolué. En glissement annuel, elle affiche une progression sensible des avoirs extérieurs nets du système monétaire (+34,3 % à 3 603,7 milliards de FCFA). Cette hausse, remarquable dans un contexte de repli des prix des hydrocarbures, s’explique par une meilleure application de la Réglementation des changes ayant entraîné une maîtrise des sorties de devises associée à un accroissement de leur rétrocession à la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC).
Elle témoigne aussi d’une bonne performance des exportations non pétrolières, notamment dans le secteur du cacao. Les réserves de change ont atteint 7 511,0 milliards de FCFA à fin mars 2025, soit une couverture de 4,81 mois d’importations de biens et services.
Parallèlement, le taux de couverture extérieure de la monnaie a progressé de 3,0 points, pour s’établir à 75,2 % à fin mars 2025, sous l’effet d’une hausse plus importante des avoirs extérieurs (+11,8 %) que celle des engagements à vue (+7,3 %) ; une hausse continue des créances nettes du système monétaire sur les États (+6,3 % à 10 693,3 milliards), traduisant la persistance des besoins de financement public, le maintien des programmes d’investissement et par conséquent un recours accru au marché sous-régional des titres publics ainsi qu’une augmentation des crédits à l’économie, (+17,2 %, à 12 403,3 milliards de FCFA), reflet d’une demande de financement accrue de la part des entreprises et des ménages, soutenue par la dynamique des activités dans le commerce, la restauration et l’hôtellerie, l’agro-industrie et les BTP.
En définitive, la masse monétaire au sens large s’est élevée de 10,5 %, pour s’établir à 21 317,7 milliards de FCFA, portée principalement par la progression des crédits à l’économie et l’amélioration des avoirs extérieurs nets. Les créances nettes sur les États, les avoirs extérieurs nets et les crédits à l’économie ont contribué respectivement à hauteur de 3,3 points, 4,8 points et 9,4 points à cette évolution.
À l’inverse, la contribution négative des ressources non monétaires (- 6,9 points) traduit une préférence forte des institutions de dépôts, notamment des banques commerciales, pour les actifs non monétaires. Toutes les composantes de la masse monétaire ont contribué positivement à son expansion, avec 5,7 points pour la monnaie scripturale, 3,3 points pour la monnaie fiduciaire et 1,5 point pour les dépôts à terme monétaires.
L’analyse des crédits par maturité a mis en évidence une hausse des crédits à court terme de 18,6 %, à moyen terme de 14,5 % et à long terme de 25,8 %. Les concours bancaires à l’économie ont été principalement portés par les crédits à court terme (10,3 points de contribution) et à moyen terme (6,0 points) ; les crédits à long terme ayant eu une contribution marginale (0,9 point).



















