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L’Afrique de l’Ouest et centrale table sur une croissance de 4,2 % en 2022 et de 4,6 % en 2023 (Banque mondiale)

Dans ses dernières mises à jour, la Banque mondiale indique une croissance économique en Afrique subsaharienne de 4 % en 2021, après une contraction de 2 % l’année précédente.

SC par SC
août 9, 2022
dans Agro, Banques - Finances, Commerce, Coopération, Développement, Développement Durable, Dossier, Economie, Energie, Entreprises, Environnement, Evènement, Finances, Finances Publiques, Gouvernance, Infrastructures, Intégration, International, La Minute de L'économie, La Une, Politique, Santé - Social, Sécurité, Société Civile
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Albert G. Zeufack est le directeur pays de la Banque mondiale pour l'Angola, le Burundi, la République démocratique du Congo (RDC) et Sao Tomé-et-Principe.

Albert G. Zeufack est le directeur pays de la Banque mondiale pour l'Angola, le Burundi, la République démocratique du Congo (RDC) et Sao Tomé-et-Principe.

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Selon ses dernières prévisions sur l’activité économique en Afrique, la Banque mondiale indique un ralentissement de la croissance de l’Afrique subsaharienne pour cette année, dans un environnement mondial marqué par des chocs multiples – et nouveaux, une forte volatilité et des incertitudes. L’activité économique devrait ainsi progresser de 3,6 % en 2022 (contre 4 % en 2021).

Plusieurs facteurs freinent la dynamique de croissance : le ralentissement de l’activité économique mondiale, la persistance des difficultés d’approvisionnement, l’apparition de nouveaux variants du virus de la Covid-19, une inflation élevée et des risques financiers croissants dus à des niveaux d’endettement élevés et de plus en plus préoccupants.

L’invasion de l’Ukraine vient s’ajouter aux facteurs qui freinent la reprise dans la région. Même si les liens commerciaux et financiers directs avec la Russie et l’Ukraine sont faibles, la guerre aura probablement une incidence sur les économies d’Afrique subsaharienne via le renchérissement des produits de base, la hausse de l’inflation alimentaire, énergétique et globale, le resserrement des conditions financières mondiales et la contraction des flux de capitaux étrangers dirigés vers la région.

Le conflit ne devrait avoir que des effets limités sur la croissance régionale, mais, du fait de l’inflation imputable à la hausse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie, il augmente la probabilité de voir apparaître des troubles civils dans un contexte d’instabilité politique accrue.

Les prévisions pour l’Afrique de l’Est et australe font état d’une reprise soutenue après la récession (4,1 %), puis d’un ralentissement à 3,1 % en 2022, avant une stabilisation autour de 3,8 % en 2024.

L’Afrique de l’Ouest et centrale devrait enregistrer une croissance de 4,2 % en 2022 et de 4,6 % en 2023. Les prévisions pour 2022 ont été révisées à la hausse par rapport à celles d’octobre 2021 (+0,6 point de pourcentage), en raison principalement de l’amélioration des résultats du Nigéria.

L’activité économique en Afrique subsaharienne devrait croître de 3,9 % en 2023 et de 4,2 % en 2024. Ainsi, la demande mondiale devrait se redresser en 2023, avec la dissipation de la plupart des chocs qui pèsent actuellement sur l’économie mondiale.

En raison des chocs sur l’offre antérieurs au conflit en Ukraine, les signes émergents de stagflation compliquent l’élaboration des politiques monétaires. Les banques centrales sont face à un dilemme : soutenir une économie atone (au risque d’accentuer les pressions inflationnistes) ou combattre l’inflation (au risque de déclencher une récession).

Jusqu’à présent, un grand nombre de celles de la région ont choisi la deuxième option, en s’engageant dans un cycle de resserrement monétaire, tandis que d’autres conservent une position plus modérée.

Depuis octobre 2021, les pays africains présentent un risque de surendettement modéré ou élevé, et la part de ceux affichant un risque élevé est passée de 52,6 à 60,5 %.

Face aux menaces croissantes sur la viabilité de la dette, certains pays de la région ont mis en place des mesures d’austérité qui n’ont cependant pas suffi à réduire les niveaux d’endettement.

Dans un contexte de chocs multiples, nouveaux et généralisés, et face à la menace d’une stagnation économique mondiale, les dirigeants africains doivent plus que jamais mettre en œuvre des politiques qui accélèrent la transformation structurelle grâce à la croissance de la productivité et à la création d’emplois plus nombreux et de meilleure qualité. L’amélioration de la productivité agricole est un levier essentiel d’un processus de transformation structurelle porteur de croissance.

Dans un contexte de flambée des prix des denrées alimentaires et de difficultés d’approvisionnement, les responsables politiques doivent éviter de répéter les erreurs du passé (interdictions ou taxation des exportations et des importations), et préserver les flux commerciaux internationaux.

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