Le gouvernement gabonais et une coalition de bailleurs de fonds viennent de signer un accord visant à protéger 34 000 km² de forêts tropicales du bassin du Congo, annonce l’Agence de presse Reuters.
L’initiative s’inscrit dans le cadre du projet baptisé « Gabon Infini », associant 94 millions de dollars de financements provenant de donateurs tels que le Fonds pour l’environnement mondial et le Bezos Earth Fund à 86 millions de dollars de fonds publics gabonais, et ce sur une période de dix ans.
Il vise à financer la création de nouveaux parcs nationaux, à lutter contre le braconnage des éléphants et à développer l’écotourisme, en s’appuyant sur le modèle dit de « Project Finance for Permanence » (PFP) — un mécanisme liant le versement des fonds à des réformes politiques majeures du gouvernement.
Le principe connaît un succès croissant. A preuve, le Brésil a également annoncé un accord similaire portant sur près de 243 000 km² de forêt amazonienne, tandis que le Kenya et la Namibie sont également en train de finaliser des partenariats du même type.
Pour rappel, le Gabon constitue un pilier écologique essentiel au sein du vaste bassin du Congo. Près de 90 % de son territoire est recouvert de forêt tropicale, abritant plus de la moitié des éléphants de forêt africains restants ainsi qu’un quart des gorilles de plaine occidentaux survivants.
Ce nouveau plan s’appuie sur un « échange dette-nature » finalisé quelques semaines avant le coup d’État militaire de 2023. Dans le cadre de cet accord, le Gabon avait refinancé 500 millions de dollars de dettes par une nouvelle émission obligataire, dont une partie des fonds est destinée à la préservation du littoral.
Saluant ce nouveau plan de conservation, le ministre Maurice Ntossui Allogo qui la supervise, a indiqué que la signature de la lettre d’intention représentait « une étape décisive » pour la politique de préservation du Gabon.
Quant à Ryan Demmy Bidwell de l’organisation non gouvernementale The Nature Conservancy (TNC), qui collabore avec le gouvernement, il a souligné l’importance du plan pour le Gabon, dont près de 90 % du territoire est couvert de forêts intactes. Selon lui, le projet Infini permettra la création de nouveaux parcs nationaux et d’autres zones protégées, portant à 30 % la part des forêts gabonaises bénéficiant d’un statut protégé, contre environ 15 % actuellement. « Nous espérons que le Gabon servira de modèle pour d’autres pays du bassin du Congo et du reste de l’Afrique », a-t-il conclu.



















