Il y a des noms qui ne vous emballent pas tout de suite. Mais, dont la seule évocation suscite une réelle marque de respect et de reconnaissance malgré l’usure du temps. Celui du chef de bataillon Nana Gonga en fait indubitativement partie. C’est tout le sens que l’on puisse donner au vibrant hommage que vient de lui rendre l’un de ses fils, Hapi Nana Stephin. Surtout au moment où l’on vient de commémorer le 17e anniversaire de son retour vers les prairies célestes. Cela, dans un exercice assez complexe et délicat, parce que souvent obligé de se dévêtir de tout attribut de subjectivité pour garder l’essentiel, dans une gymnastique mémorielle qui oblige de marcher sur les rails du concret, tout en faisant l’effort de conserver l’authenticité des détails et des faits.
Le chef de bataillon Nana Gonga a été l’un des premiers officiers supérieurs de l’armée camerounaise. Ce vaillant militaire est notamment connu pour ses états de services. Notamment, son engagement, au point où sa mémoire est commémorée au sein de la grande famille militaire du Cameroun, en lien avec des figures historiques de ce corps comme le Général Tataw James. Bien qu’étant encore à l’âge de l’adolescence au moment où son père officiait, HAPI Nana Stephin ressasse l’histoire vivace de son géniteur de manière concise et précise comme si c’était hier
« Je suis très fière du parcours professionnel de mon père. Né vers 1922 décédé en 2009, il a connu un parcours atypique. En 1942, il est incorporé dans l’armée anglaise, passant par le Nigeria et le Ghana. Dans ce dernier pays, il est promu moniteur de tir avant de rejoindre finalement sa patrie le Cameroun. De retour au pays au natal, l’une de ses marques de fabriques est la mise sur pied du Groupement de Transport de l’Armée Camerounaise (GTA), unité qu’il va diriger pendant près de 10 ans », renseigne-t-il.
« Avec ses collègues, l’atmosphère avait toujours été convivial. Certains comme lui ont malheureusement déjà rejoint l’au-delà. Je peux, entre autres citer quelques figures emblématiques de l’armée camerounaise, tels que les défunts Généraux, Tataw James, Benoit Asso’o Emane, Oumaroudjam Yaya, Philippe Mpay, et beaucoup d’autres qui sont encore en vie », confie Hapi Nana Stephin.
Malgré cet élogieux parcours militaire, Hapi Nana Stephin déplore néanmoins le fait que son géniteur n’a pas été récompensé à sa juste valeur. « Alors que depuis le régime du Président Ahmadou Ahidjo, il avait pourtant tout donné pour la stabilité de notre très beau et chère pays, le Cameroun, il n’a aps été suffisamment accompagné tout comme sa famille. L’un de ses emblématiques combat reste celui avec les maquisards à l’Ouest, lors de la période post coloniale. Un front qu’il a mené les opérations avec le Général Pierre Semengue ».
Autre détail et non des moindres : Nana Gonga est le premier officier camerounais à faire le tour de la presqu’île de Bakassi. A son retour de cette mission, il rencontre le Président Ahmadou Ahidjo et lui confie que si rien n’était fait, cette partie du Cameroun allait créer des tensions avec le voisin Nigérian dans les années à venir. En visionnaire, l’histoire lui a finalement raison. Ce territoire de 1 000 km² situé dans le golfe de Guinée, riche en pétrole et en poissons a longtemps été l’objet des échauffourées entre le Cameroun et le Nigeria. Avant de passer sous souveraineté camerounaise en 2013, à la suite d’un accord international.
Il est également à l’origine de la construction du Monument de la Réunification qui est situé au Quartier général à Yaoundé. Un chef d’œuvre national qu’il avait proposé de construire à Bakassi. Occasion également pour Hapi Nana Stephin de souligner que ses créances dues par l’Etat Nigérian n’ont jamais été réglées. Ce qui ne l’a tout de même pas empêché, en bon militaire qu’il a été, d’exprimer son bonheur d’avoir avoir mené le bon combat, juste avant de passer l’arme à gauche, le 14 juillet 2009.


















