Cette évolution résulterait principalement de la baisse des recettes pétrolières (-0,6 point) et de l’augmentation des dépenses courantes (1 point), en dépit de la hausse des recettes non pétrolières (1,1 point), insuffisante pour combler le déficit. La hausse des dépenses publiques serait liée à l’accroissement des dons (0,2 point), appuyé par l’organisation de scrutins politiques prévus dans certains pays de la CEMAC, notamment au Cameroun, en République Centrafricaine et au Gabon.
Quant à l’augmentation des recettes non pétrolières, elle découlerait des efforts de mobilisation des recettes, notamment grâce à l’informatisation accrue du processus de collecte des recettes fiscales et à l’élargissement de la base fiscale, mis en œuvre dans la plupart des Etats de la CEMAC.
Concernant l’orientation de la politique budgétaire des pays de la CEMAC, celle-ci devrait rester restrictive et procyclique en 2025. En effet, le solde primaire ajusté du cycle économique demeurerait positif, dans un contexte marqué par des efforts accrus de consolidation budgétaire, s’établissant à 0,7 % du PIB en 2025, contre 0,5 % du PIB l’année précédente, tandis que l’impulsion budgétaire serait à -0,2% du PIB en 2025.
La détérioration observée de l’écart de production dans la CEMAC, passé de -1,7 % en 2024 à – 1,8 % en 2025, reflète un niveau d’activité toujours inférieur au potentiel. Cette évolution s’expliquerait principalement par une baisse des exportations nettes passant de 3303 milliards en 2024 à 1390,3 milliards en 2025, en lien avec un ralentissement de l’activité pétrolière.
Toutefois, l’impulsion budgétaire serait négative en 2025 (-0,2 %), en lien avec une orientation budgétaire de plus en plus restrictive. Le solde budgétaire de référence, exprimé en pourcentage du PIB, s’établirait à 0,1 % en 2025, contre -1,2 % en 2024, demeurant ainsi supérieur à la norme communautaire fixée à -1,5 % du PIB.
Cette amélioration du solde, résulterait principalement de la progression des recettes non pétrolières, lesquelles passeraient de 11,1 % du PIB en 2024 à 12,1 % en 2025. Cette évolution favorable serait attribuable aux efforts de consolidation budgétaire engagés par les États membres de la CEMAC.
Au total, la situation des finances publiques de la CEMAC afficherait, à la fin de l’année 2025, un déficit budgétaire, hors dons, de 1094,5 Mds de FCFA, après 1 216,3 Mds de FCFA l’année précédente. Avec une hausse des arriérés de paiements de 448,4 Mds de FCFA, le déficit global (base caisse) des finances publiques s’élèverait à 646,1 Mds de FCFA.
Pour financer ce déficit, les États devraient mobiliser des tirages extérieurs à hauteur d’environ 1 818,6 milliards, emprunter 476,4 milliards auprès du système bancaire sous régional et bénéficier de dons à hauteur de 649,9 milliards auprès des partenaires financiers internationaux.
Ces ressources permettraient d’amortir leurs dettes extérieures à hauteur de 1896,6 Mds de FCFA et de réduire leur endettement vis-à-vis du système non bancaire de la CEMAC d’un montant de 402,3 milliards. Ainsi, le profil d’endettement des États de la CEMAC en 2025 se caractériserait par : un encours de la dette globale de 51,1 % du PIB en 2025, contre 52,2 % du PIB un an plus tôt ; un ratio du service de la dette publique extérieure sur les recettes budgétaires de 17,4 %, contre 19,7 % l’année précédente ; et un ratio du service de la dette publique extérieure sur les exportations de 12,6 % en 2025, après le même taux en 2024.



















