Le gouvernement gabonais vient de lever réussie des conditions définitives d’un emprunt obligataire international d’un montant de U.S.$ 920 millions, marquant le retour de la République sur les marchés financiers internationaux.
Les Eurobonds portent un coupon de 9,375%, assortis d’un différé d’amortissement de trois ans et d’une maturité finale de sept ans, à l’échéance de 2033. Le produit net de cette émission sera affecté au financement des projets d’investissement de l’État ainsi qu’au remboursement d’arriérés, conformément à la stratégie contenue dans la loi de finances rectificative pour 2026.
Cette opération fait suite à plusieurs jours de négociations soutenues, au cours desquels le Ministre chargé de l’Économie et des Finances a échangé avec plusieurs investisseurs institutionnels mondiaux de premier plan. L’émission a été largement sursouscrite, et la forte demande enregistrée traduit la confiance renouvelée des investisseurs dans la qualité de la signature et la trajectoire de réformes engagée par le Gabon, ainsi que dans le Plan national de croissance et de développement 2026-2030 (« PNCD »), à travers lequel le pays entend concrétiser ses engagements en faveur de la transformation économique et de l’amélioration des conditions de vie des populations.
Cette transaction marque ainsi une nouvelle étape dans la stratégie de financement du Gouvernement, qui vise à consolider durablement sa relation avec la communauté des investisseurs internationaux. En outre, cette dynamique s’inscrit dans le cadre des discussions techniques engagées avec les services du Fonds monétaire international, dont une mission de revue est attendue à Libreville courant septembre 2026, avec l’ambition de conclure un programme économique et financier d’ici la fin de l’année.
Sur le plan sous-régional, notamment de la CEMAC, cette transaction s’inscrit dans une reprise des émissions souveraines en devises. Après le Cameroun, qui a levé 750 millions de dollars en janvier, puis la République du Congo, qui a mobilisé 850 millions de dollars en mai, le Gabon devient le troisième État de la sous-région à solliciter les marchés internationaux cette année. Avec un coupon de 9,375 %, il obtient un coût de financement légèrement inférieur à celui du Congo (9,5 %) et à celui affiché par le Cameroun lors de son émission (10,125 % avant couverture de change), signe que les investisseurs restent disposés à financer les signatures africaines, à condition que les perspectives budgétaires et les réformes demeurent crédibles.



















