A en croire Moody’s Ratings, la situation des finances du publiques du Gabon est préoccupante. Dans ses récentes revues sur le Gabon, l’agence de notation révèle que les perspectives négatives reflètent des risques à la baisse liés à d’importants besoins de financement estimés à 20 % du PIB et à un accès limité aux financements.
Ces facteurs, combinés à d’éventuelles hausses de la dette publique dans le cadre d’un audit en cours, augmentent la probabilité que le gouvernement procède à de nouveaux échanges de dette susceptibles d’être qualifiés de restructurations en difficulté et de constituer un défaut de paiement.
Selon Moody’s Ratings, le Gabon fait face à des besoins de financement bruts annuels projetés entre 15 % et 20 % du PIB au cours des trois prochaines années. Le pays s’appuie fortement sur les émissions sur les marchés régionaux, qui ont atteint 22 % du PIB en 2025, dont environ 10 % du PIB en bons du Trésor à court terme, afin de couvrir son déficit budgétaire estimé à 8,5 % du PIB en 2025.
L’exposition des Banques à la dette publique représente déjà environ 30 % de leurs actifs totaux, approchant ainsi les limites d’exposition réglementaires. Les financements privés récents comprennent un placement privé de 570 millions $ en février 2025 et un prêt adossé au pétrole de 1 milliard $ sur sept ans accordé par Trafigura en avril 2026. Cette dernière opération affecte une partie des recettes pétrolières futures sur sept ans à son remboursement, ce qui indique des risques de refinancement accrus pour les amortissements d’eurobonds débutant en 2028.
Moody’s prévoit un resserrement des déficits budgétaires à 6,5 % du PIB en 2026 et à 4,5 % en 2027, contre un niveau estimé à 8,5 % en 2025. Le ratio intérêts/recettes passera à 19 % en 2027, contre 17 % en 2025, tandis que le poids de la dette grimpera à près de 88 % du PIB. L’audit de la dette publique en cours présente un risque que des engagements non déclarés précédemment viennent à être révélés.



















