Conjonctures : M. Louey Ntogolo Christophen, pouvez-vous à la fois vous présenter, et en même temps, votre organisation ?
Louey Ntogolo Christophen : Je suis le président de l’ONG, La LIANE, une organisation à but non lucratif basée à Libreville, qui œuvre pour la biodiversité, la protection des terres, l’Homme et son environnement, notamment la restauration des mangroves et la lutte contre la pollution plastique. En ce qui me concerne personnellement, Je suis expert environnemental, et spécialiste des écosystèmes marins et mangroves.
Vous venez de prendre part à la quinzaine de l’Europe,, qu’est-ce que cette invitation a apporté comme plus-value à votre ONG ?
Participer à la Quinzaine de l’Europe a représenté une véritable opportunité de visibilité, d’échanges et de renforcement de capacités pour notre ONG. Cette invitation nous a permis de présenter nos actions, de valoriser notre engagement sur le terrain et de créer des liens avec plusieurs acteurs institutionnels, diplomatiques et associatifs engagés dans le développement durable et la coopération internationale.
Cette rencontre a également renforcé notre compréhension des priorités de partenariat entre l’Union européenne et les organisations de la société civile, notamment dans les domaines de l’environnement, de la jeunesse, de l’inclusion sociale et de la gouvernance participative.
Au-delà des échanges, cette participation a été une source d’inspiration et de motivation pour poursuivre nos initiatives au service des communautés. Elle ouvre aussi des perspectives de collaboration et de nouveaux partenariats pour accroître l’impact de nos projets sur le terrain.
On vous a vu aux côtés du ministre François Ndong Obiang, sur quoi avez-vous devisé ?
Nos échanges avec monsieur le ministre François Ndong Obiang ont principalement porté sur le rôle des organisations de la société civile dans l’accompagnement des politiques publiques, notamment en matière de développement durable, de protection de l’environnement et d’implication de la jeunesse dans les actions citoyennes.
Nous avons également évoqué les défis rencontrés sur le terrain par les ONG ainsi que les perspectives de collaboration afin de renforcer l’impact des initiatives communautaires au Gabon. Ce fut un moment d’échanges constructifs autour des questions de coopération, d’engagement citoyen et de développement inclusif. Des conseils précieux en la matière. J’ai beaucoup appris. J’ai également échangé avec Mme Zora Kassa ex ministre et la DG de l’AGADEV.
Alors, comment se porte votre ONG La Liane aujourd’hui à l’heure où les enjeux environnementaux sont plus que jamais à l’ordre du jour au Gabon et partant à travers le monde ?
Aujourd’hui, notre ONG LA LIANE se porte bien avec beaucoup de détermination et une vision encore plus affirmée face aux enjeux environnementaux actuels. Nous évoluons dans un contexte où les questions liées à la protection des écosystèmes, à la gestion des déchets, à la préservation des mangroves et à la sensibilisation des populations deviennent des priorités aussi bien au Gabon qu’à l’échelle internationale.
Cette réalité renforce notre engagement sur le terrain. Malgré les défis que rencontrent de nombreuses organisations de la société civile, nous continuons à développer des initiatives concrètes en faveur de l’environnement, de l’éducation citoyenne et du développement durable. Notre objectif est d’accompagner les communautés tout en contribuant aux efforts nationaux et internationaux pour la protection de notre patrimoine naturel.
Nous constatons également une prise de conscience grandissante des autorités, des partenaires techniques et financiers ainsi que des populations sur les questions environnementales. Cela crée aujourd’hui, un cadre plus favorable au dialogue, à l’innovation et aux partenariats stratégiques.
Pour nous, cette période représente donc à la fois un défi et une opportunité : celle de renforcer notre impact, de mobiliser davantage de jeunes et d’acteurs locaux, et de faire entendre la voix des organisations engagées pour un avenir plus durable. C’est vrai qu’en tant que ONG pionnière en matière de collecte de déchets par voie navale dans le pays, certaines élites ne voient pas l’enjeux de préserver la mangrove.
S’il existe la collecte de déchets par terre avec la société Clean-Africa, alors il devrait en exister pour la collecte de déchet sur les eaux et nous sommes experts. Des chiffres montrent que tous nos déchets drainent via les bassins versants, plus de 70% de nos déchets sont enfuis dans les mangroves et ne peuvent plus les retenir au point d’en observer le long de nos plages…
Votre tâche semble immense. Recevez-vous des appuis extérieurs pour faire face à tous ces défis ?
Dans le cadre de la lutte antiplastique, nous sommes partenaires du Groupe Arise ADL, dans ce cadre, nous visons le retrait de 5 millions de bouteilles plastiques d’ici 2030, avec plus de deux millions déjà collectées. Pour atteindre ces objectifs, nous travaillons avec le ministère de l’Environnement, la Mairie de Libreville, Clean Africa, et le réseau GYBN-Gabon. Nous avons également un puissant levier qui est la sensibilisation. Nous menons des activités éducatives auprès des jeunes et des populations locales pour la gestion durable de l’eau et des écosystèmes.
Le chemin parcouru jusque-là est-il satisfaisant ?
Effectivement, le chemin parcouru jusque-là est encourageant et porteur d’espoir, même s’il reste encore beaucoup à faire. Nous sommes satisfaits des avancées réalisées en matière de sensibilisation, de mobilisation communautaire et de mise en œuvre de plusieurs initiatives environnementales malgré des moyens parfois limités.
Au fil des années, notre ONG a réussi à gagner en crédibilité, à créer des partenariats et à faire entendre sa voix sur des questions importantes liées à la protection de l’environnement et au développement durable. Chaque activité menée, chaque communauté sensibilisée et chaque jeune impliqué représente pour nous une avancée significative. Cependant, les défis environnementaux évoluent rapidement et exigent davantage de ressources, d’innovation et d’accompagnement. C’est pourquoi nous considérons ce parcours non pas comme une finalité, mais comme une étape vers des actions encore plus ambitieuses et structurées au service des populations et de notre environnement.
Dans le cadre de la protection des mangroves, l’ONG se concentre sur les mangroves de Libreville (ex: voie de contournement de l’aéroport), cruciales contre l’érosion et pour la biodiversité.



















