Les finances publiques et notamment la dette, et les contours du nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI) ont occupé une place de choix, dans l’entretien accordé par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema au quotidien L’Union, en début de semaine. Dans une communication à la limite exclusive, il a édifié l’opinion sur les subtilités de ces indicateurs macroéconomiques de premier plan.
Parlant spécifiquement de la dette, le numéro ‘’Un’’ gabonais a levé un pan de voile sur ces créances qui obèrent les finances publiques. « Oui, la dette est élevée. Mais elle ne date pas d’hier. Quand nous sommes arrivés aux responsabilités, nous avons trouvé un État qui devait à tout le monde : aux fonctionnaires, aux entreprises, aux fournisseurs, aux bailleurs internationaux. Plus de 3 142 milliards de francs CFA ont été mobilisés depuis le 30 août 2023, rien que pour honorer les engagements hérités. C’est un fardeau colossal que nous n’avons pas créé, mais que nous assumons pleinement. Et puisque vous parlez d’audit, mettons les choses au clair », a-t-il indiqué.
« La transparence n’est pas une concession que je fais au FMI, c’est une exigence que je m’impose à moi-même »
Effectivement, pour être fixé sur les données de la dette, Brice Clotaire Oligui Nguema a ordonné un audit de celle-ci. « Quand nous sommes arrivés, on nous parlait de 7 500 milliards. Puis, en travaillant avec nos techniciens et ceux du FMI, les évaluations ont évolué. C’est précisément pour cela que j’ai voulu cet audit pour partir sur une base incontestable. Je n’ai rien à cacher. La transparence n’est pas une concession que je fais au FMI, c’est une exigence que je m’impose à moi-même », a-t-il renseigné.
Solliciter un programme n’est pas un aveu de faiblesse…
Le chef de l’Etat gabonais est également revenu sur le nouveau programme dans le pipe avec le FMI. Cela, non sans souligner les contours ainsi que conditions dans lesquels il se négocie. « Solliciter un programme, ce n’est pas un aveu de faiblesse. C’est un acte de maturité économique. Les plus grandes puissances du monde travaillent avec le FMI. Ce qui serait un aveu de faiblesse, c’est de s’endetter dans l’opacité, de contracter des emprunts sans stratégie de remboursement, de laisser filer les déficits sans contrôle ». Avant de déplorer que « C’est ce qui s’est passé pendant trente ans. Nous faisons exactement l’inverse. Notre démarche est souveraine et encadrée par quatre principes clairs : la sanctuarisation des projets prioritaires validés par le peuple ; la protection des ménages les plus vulnérables ; l’élimination des dépenses improductives ; une gestion responsable de la dette ».
Autrement dit, Brice Clotaire Oligui Nguema renseigne que « le Gabon ne signera jamais un accord qui demande aux Gabonais de se serrer la ceinture pendant que les gaspillages continuent ». « Et je veux être très clair sur notre stratégie. La dette n’est pas une fatalité quand on a du pétrole, du manganèse, du bois, une forêt valorisable sur les marchés carbone, et un peuple jeune et travailleur. Le problème n’a jamais été le manque de ressources. C’était le manque de gouvernance ».
La crédibilité de la signature du Gabon
Faut-il le rappeler, la crédibilité de la signature du Gabon reste intacte. Signe et non des moindres que les marchés ne se trompent pas. « Depuis l’annonce de notre programme avec le FMI, l’écart de rendement de nos obligations souveraines est passé de 854 à 771 points de base. C’est la traduction financière d’un mot simple : la confiance. Et cette confiance, nous la consoliderons chaque jour par les actes. », a-t-il conclu.


















