Les dynamiques sociales en Afrique centrale sont préoccupantes. Car, la pauvreté a pris les allures systémiques et profondes. En effet, bien qu’une évolution positive de la croissance soit enregistrée dans la sous-région ces dernières années, celle-ci reste toujours insuffisante pour compenser l’augmentation de la population, déplore la la Commission économique africaine (CEA).
Pourtant, avec d’importantes richesses naturelles et son potentiel humain considérable porté par une population jeune en pleine croissance, l’Afrique centrale dispose d’atouts qui pourraient être transformés en leviers de développement à travers notamment l’amélioration des conditions socio-économiques, en particulier pour les populations vulnérables.
En dépit de certains progrès en termes de développement social, notamment en santé, la sous-région demeure confrontée à une pauvreté persistante, des difficultés d’accès à l’emploi et à des défis structurels majeurs qui freinent l’atteinte des Objectifs de développement durable. En effet, l’analyse des données récentes indique que 128 millions de personnes (60 % de la population de la sous-région) en Afrique centrale vivent dans l’extrême pauvreté, avec moins de 2,15 dollars des États-Unis par jour selon les données 2024 du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
De plus, les privations de ressources et d’opportunités touchent inégalement différents segments de la société. Les niveaux de chômage demeurent élevés, surtout chez les jeunes dans tous les pays à l’exception de Sao Tome et Principe. Le chômage des jeunes femmes est légèrement plus élevé (environ 16%) que chez les jeunes hommes (environ 15%).
Par ailleurs, les femmes sont les plus touchées par le phénomène de sous-emploi temporel. Avec un taux moyen de 9 % contre 7,5% pour les hommes, elles sont plus susceptibles d’occuper les emplois les plus vulnérables lorsqu’elles sont au chômage. Des avancées ont été réalisées dans le domaine de l’éducation. Cependant, malgré un taux de 73,2%, l’alphabétisation reste inégalement répartie dans la sous-région. Des disparités importantes persistent dans des pays comme le Tchad et la RCA, affichant des taux faibles (27% en 2022 pour le Tchad et 37% en 2020 pour la RCA).
Les taux d’achèvement de l’enseignement secondaire supérieur restent faibles, avec une moyenne d’environ 20,6%. Par ailleurs, les inégalités d’accès aux soins, aggravées par des facteurs tels que la crise climatique, l’urbanisation et la fracture numérique, freinent les résultats sanitaires de base. La recrudescence d’épidémies, avec une forte hausse des événements sanitaires signalés en 2024, n’est pas de nature à améliorer les performances des systèmes de santé en place confrontés aux ressources limitées. Pour inverser cette tendance, la Commission économique africaine (CEA) préconise de d’engager des réformes à même de conduire à une croissance économique durable et inclusive.



















