Le retard de l’Afrique en matière d’industrialisation n’est plus à démontrer. Au contraire, il s’avère plutôt urgent de la sortir de son profond coma qui obère son développement industriel. Lequel retard affiche par exemple un taux d’industrialisation estimé à environ 10 % contre 25 % pour l’Asie de l’Est, selon la CEA, trouve ses origines dans une combinaison de facteurs structurels et conjoncturels, notamment le manque d’infrastructures adéquates, l’instabilité politique, le faible niveau de développement du capital humain et une dépendance excessive aux exportations de matières premières brutes.
Pour soulager le grand malade, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies et Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), Claver Gatete a esquissé de réponses lors de la réunion annuelle 2025 des Zones économiques spéciales africaines, tenue le 27 novembre 2025, Luanda en Angola,
Dans un discours empreint de pédagogie et sans langue de bois, le Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), a suffisamment été clair et précis à propos du développement et spécifiquement de l’industrialisation. « Pour l’Afrique, l’industrialisation n’est pas une option, mais un impératif crucial ».
Une option qui trouve tout son bien-fondé au moment où le continent, à l’instar du monde, traverse une période de profondes mutations. Avec comme corolaires, le ralentissement de l’économie mondiale, la frilosité et la prudence des investisseurs, l’évolution des réseaux d’approvisionnement et l’impératif aux changements climatiques qui redéfinissent les flux de capitaux, tous des vents contraires qui se font sentir avec une acuité particulière en Afrique.
Fort de toute ces écueils à la limite pernicieux, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies, l’équation principale à résoudre pour sortir de cet engrenage reste de savoir comment accélérer, approfondir et rendre plus durable l’industrialisation, du continent, compte tenu du contexte actuel. Selon lui, la thérapie pour soulager le grand malade se résume en trois principales antidotes :
– Premièrement, nous devons harmoniser les stratégies relatives aux zones économiques spéciales avec celles mises en place dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine, afin que ces zones deviennent de véritables pôles industriels capables d’ancrer les chaînes de valeur régionales, de créer des emplois et de développer le commerce intra-africain.
Pour étayer son raisonnement, Il souligne qu’il n’est pas normal que l’Afrique exporte des matières premières pour ensuite réimporter des produits finis. Grâce à des stratégies intégrées, les zones économiques spéciales peuvent transformer des marchés fragmentés en corridors continentaux de production et de prospérité, faisant du « Fabriqué en Afrique » non seulement une indication d’origine, mais également une norme d’excellence.
En outre, « pour promouvoir cette vision, la CEA est sur le point d’achever une étude continentale sur les normes et standards pour la réussite des zones économiques spéciales en Afrique, menée avec la Banque africaine d’import-export, l’Agence de développement de l’Union africaine-Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique et avec l’appui des États membres », argumente-t-il.
– La deuxième solution réside quant à elle, sur l’amélioration de la gouvernance, la simplification des réglementations et la mise en place des infrastructures fiables afin de réduire les risques liés à l’investissement et d’attirer des capitaux à long terme. « Aujourd’hui, les investisseurs ne se contentent pas d’évaluer le potentiel de l’Afrique elle-même. Ils la comparent à des écosystèmes industriels situés en Asie du Sud-Est, en Amérique latine, au Moyen-Orient, ainsi que dans d’autres régions du monde », a-t-il indiqué. Avant d’affirmer que les zones économiques spéciales doivent donc offrir efficacité, transparence et continuité.
– La troisième et dernière option porte sur les investissements dans les populations africaines. Selon lui, elles constituent le principal avantage concurrentiel. Ce, du fait qu’en renforçant leurs compétences, leurs capacités numériques et leur potentiel d’innovation elles soutiendront l’essor des industries de demain.



















