En matière de finances publiques, l’année 2024 est à très vite à oublier pour les Etats de la CEMAC. Elle a en effet, été marquée par de fortes turbulences. La zone a enregistré une dégradation du fait de la baisse de plus de 18% des recettes pétrolières, qui ont représenté 6,5% du PIB en 2024, contre 8,5% en 2023 et ce, malgré le maintien des cours pétroliers.
Cette baisse a été partiellement compensée par la forte progression des recettes non pétrolières (+ 19,7%), qui ont atteint 11,6% du PIB en 2024, reflétant les efforts de mobilisation fiscale entrepris par les États membres.
Les dépenses publiques ont augmenté, principalement sous l’effet de la hausse des dépenses en capital (+ 13,8% à 3271,4 milliards) qui témoigne des efforts d’investissement dans les infrastructures. Le taux d’endettement public de la CEMAC a légèrement diminué pour s’établir à 47,3% du PIB en 2024, contre 51,3% en 2023.
Cette amélioration concerne tant la dette intérieure (21,6% du PIB, contre 23,9% en 2023) que la dette extérieure (25,6% du PIB, contre 27,5% en 2023). Cependant, le ratio du service de la dette extérieure s’est accru, atteignant 23,2% des recettes budgétaires en 2024, contre 21,1% en 2023. De plus, les pressions sur le marché régional de la dette publique demeurent importantes.
Selon la BEAC, la banque centrale commune au xix pays, (Cameroun, Gabon, Congo, Guinée Equatoriale RCA et Tchad), les taux de souscription moyens des titres publics ont chuté drastiquement à 61% à la fin du premier trimestre 2025, contre 97% trois ans plus tôt.
Les rendements moyens des obligations d’État (OTA, obligations du Trésor assimilables) et des bons du Trésor assimilables (BTA) ont également augmenté, atteignant respectivement 6,7 % et 8,7% en 2024. Face à ces conditions, les États ont été contraints de raccourcir la maturité de leurs émissions.
Par ailleurs, en 2024, selon la BEAC, l’encours émis des OTA (de plus de 2 ans) représentaient 39,8% du total, contre 44,3% en 2023 et 48,5% en 2022. De surcroît, le Congo et le Gabon, face à des tensions de trésorerie et des conditions de refinancement plus tendues, ont décidé de mettre en place des « opérations de reprofilage » de leur dette.
À fin juillet 2025, seuls deux pays de la CEMAC bénéficient de programmes du FMI avec financement. Il s’agit de la Centrafrique (facilité élargie de crédit, FEC) et, depuis août 2025, du Tchad. Le programme de la Guinée équatoriale a expiré en décembre 2022 tandis que ceux du Congo et du Cameroun sont arrivés à leur terme en mars et juillet 2025. De nouveaux programmes pourraient néanmoins être mis en place en 2026 dans certains pays.



















