Du point de vue socio- économique, la levée des subventions des produits pétroliers est globalement perçue comme une réforme très inflammable à travers. Dans le cadre la réforme des finances publiques, le gouvernement gabonais, via le ministère du Pétrole a annoncé, sa mise en oeuvre à compter de janvier 2026. Du coup, l’angoisse et la peur du saut vers l’inconnu hantent les esprits.
Interrogé à propos de cette réforme par nos confrères de Direct Infos Gabon, l’analyste financier gabonais, Willy Giscard Ontsia donne son avis sur la question. Avant d’aborder directement le sujet, il a tenu à situer les enjeux de cette mesure.
« La subvention aux carburants varie en fonction du cours du baril de pétrole et elle coûte en moyenne à l’Etat entre 51 et 105 milliards fCFA de dépenses budgétaires par an qui représentent près de 0,7% du PIB », a-t-il renseigné. Autrement dit, « La fin de la subvention aux carburants permettra à l’Etat gabonais de réaliser un gain budgétaire significatif dans l’optique d’opérer une meilleure réaffectation de ses ressources vers les domaines prioritaires de l’éducation, la santé et les infrastructures ».
Malheureusement, a-t-il poursuivi, « la Banque mondiale estime que cette subvention ne profite pas de manière efficace aux Gabonais les plus vulnérables mais plutôt aux couches les plus aisées de la population. La fin de la subvention aux carburants permettra à l’Etat gabonais de réaliser un gain budgétaire significatif dans l’optique d’opérer une meilleure réaffectation de ses ressources vers les domaines prioritaires de l’éducation, la santé et les infrastructures. Or, la suspension de la subvention sur les carburants est une mesures économique rationnelle pour redresser les finances publiques et améliorer l’efficacité de la dépense publique ».
Interrogé sur les éventuelles conséquences redoutées, telles qu’une flambée des coûts du transport, et par ricochet, une hausse généralisée des prix, M. Ontsia s’est voulu plutôt pragmatique. Selon lui, « toute réforme a une dimension sacrificielle avant d’être bénéficiaire. Il faut reconnaître que cette mesure aura un effet inflationniste. Sans subvention, le prix du carburant pourrait augmenter d’au moins 15 à 30%, selon les marges précédemment absorbées. Cela impactera directement le pouvoir d’achat car les biens et services budgétivores en énergie et en transport devraient connaître une hausse collatérale des prix qui pourrait affecter le coût de la vie et réduire la demande globale ».
S’agissant de l’opportunité, voire du timing de cette mesure longtemps rejetée par les gouvernements précédents du fait de l’encrage social des dépenses sociales liées aux carburants, l’ancien Conseiller financier du ministre du Budget et des Comptes Publicspréconise au gouvernement, la mise en place des mesures d’accompagnent telles que de mécanismes d’aide ciblée aux ménages vulnérables. Ceci, « afin de limiter l’impact social négatif. Mais également d’améliorer l’efficacité énergétique en investissant dans les infrastructures et technologies propres pour réduire la dépendance aux carburants et surveiller étroitement les indicateurs macro-économique (inflation, balance commerciale, Pib réel) pour ajuster la politique économique en temps réel », conclut-il.



















