La Commission de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC) a renouvelé son attachement aux idéaux d’intégration dans la sous-région Afrique centrale. C’était à l’occasion de la 16ème édition de la Foire transfrontalière annuelle d’Afrique centrale (FOTRAC) qui s’est déroulée du 21 au 30 juillet 2025, dans la localité de Kyo-si, à l’extrême sud du Cameroun, précisément dans la zone des trois frontières (Cameroun Gabon Guinée Équatoriale)
Cette rencontre avait pour thème, « Transformer les corridors d’Afrique centrale en de véritables passerelles sécurisées pour l’atteinte des Objectifs du développement durable et de la ZLECAf ». A l’occasion, le représentant résident de l’institution au Cameroun, BOUM BISSAÏ Pierre-Guillaume, est revenu sur mis les priorités stratégiques de la CEMAC, notamment le développement des corridors intégrés, l’inclusion des Collectivités territoriales décentralisées (CTD), dans les politiques communautaires et le soutien au commerce transfrontalier dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine(ZLECAf).
La session spéciale conjointe a également été marquée par deux présentations d’experts du Département du marché commun (DMC) sur le rôle des CTD et les enjeux de la coopération régionale. Autrement dit, la présence de la Commission CEMAC à ce rendez-vous annuel, témoigne de l’engagement de l’Institution faitière de la communauté, à faire de l’intégration sous-régionale une réalité concrète dans les zones frontalières.
Une intégration à pas forcés
Il convient tout de même de noter que 31 ans après sa création, la CEMAC observe une difficile marche vers l’intégration. La vision de ses pères fondateurs peine à se concrétiser en matière de libre circulation des personnes et des biens, d’échanges intra-communautaires, de réformes économiques…Résultats des courses, la zone est considérée comme la moins intégrée du continent. La ratification en octobre 2017 par les États membres de l’accord de 2013 sur la libre circulation des personnes marquait pourtant un pas important vers l’intégration, après la matérialisation du passeport biométrique Cémac selon les normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale sur les documents de voyage.
Mais ces directives sur la libre circulation des personnes et des biens ne sont pas souvent suivies sur le terrain. S’il est facile de se déplacer en avion au sein de la sous-région, ce n’est pas le cas pour les citoyens qui choisissent le transport routier. Les détenteurs de passeport Cémac sont obligés de verser des sommes d’argent allant jusqu’à 10 000 FCFA à chaque poste d’immigration ou au passage de frontière. Pire, les autorités de la sous-région continuent de fermer les yeux sur des pratiques qui n’ont que trop duré.
Il sied toutefois de rappeler que le principe de la libre circulation des personnes dans la Cémac est le fruit de laborieuses discussions entre les dirigeants des six États (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad). La Cémac est donc invitée à consolider les acquis de l’intégration pour éviter les erreurs de l’Udéac qui avait acté sans succès en 1972 la libre circulation des personnes.
Concernant les échanges intra-communautaires, la sous-région a de nombreux défis à relever. Au moment où la Cémac commémore son 31e anniversaire, le volume des échanges commerciaux intra-communautaires n’excède pas 3%, un niveau encore très faible par rapport aux autres espaces africains. En décidant d’instituer le marché commun de la Cémac, le 16 mars 1999, les pères fondateurs voulaient ériger un espace commercial intégré où circulent librement les marchandises avec des conditions fiscalo-douanières favorables à tous les États membres et au secteur privé.
Sur le plan économique, la situation de l’Afrique centrale reste fragile avec des économies peu diversifiées, en dépit des réformes engagées souvent sous l’égide des institutions de Bretton Woods. Le Programme des réformes économiques et financières (Pref-Cémac) a été mis en place, impliquant la Banque centrale, dans le but de relancer les économies après la crise de 2014. À tout point de vue, quelques progrès ont été accomplis dans ce domaine.




















