La mobilisation des ressources constitue un enjeu majeur pour les économies de la CEMAC. Pour juguler ce défi, avec le soutien technique et financier du Fonds monétaire international (FMI), la Commission de la CEMAC a organisé du 11 au 14 mars, un séminaire axé sur l’élaboration d’une stratégie régionale de mobilisation des recettes fiscales.
Cette rencontre a vu la participation des experts du FMI et des directeurs généraux des impôts des Etats membres de la CEMAC. L’objectif principal était de définir une feuille de route commune pour renforcer les capacités de mobilisation des ressources internes, un enjeu majeur pour la stabilité et la croissance de la région.
Un contexte économique particulier
Se tenant dans un contexte économique exigeant, dans son discours d’ouverture, le Commissaire de la Commission de la CEMAC en charge du marché Commun, Mbogo NGABO SELI, est revenu sur le sommet extraordinaire des chefs d’État de la CEMAC, tenu à Yaoundé en décembre dernier. Sommet au cours duquel, la nécessité de renforcer la solidarité communautaire et d’améliorer le cadre macroéconomique de la sous-région avait été réaffirmée.
Selon lui, « La contribution de la fiscalité à la mobilisation des ressources financières apparaît, dans ce contexte, déterminante en raison du levier indispensable qu’elle peut constituer pour la prise en charge des politiques publiques, la réalisation d’infrastructures structurantes et le financement du développement économique ».
De multiples défis
Mbogo NGABO SELI a également mis en évidence, les défis auxquels la CEMAC est confrontée, notamment la faiblesse des recettes fiscales non pétrolières, qui limite la capacité des États à financer les services essentiels et les infrastructures. « Il est crucial d’accélérer les réformes structurelles, d’où la nécessité de disposer d’une stratégie régionale de mobilisation des recettes fiscales dont l’objectif primordial serait d’élargir l’assiette fiscale, soutenir la croissance et diversifier les économies des pays de la région », a-t-il ajouté.
Une nécessité impérieuse de renforcer la mobilisation des ressources internes
Pour sa part, le Directeur général des Impôts du Cameroun, Roger Athanase MEYONG ABATH, a insisté sur l’urgence d’agir collectivement pour renforcer la résilience économique de la sous-région, dans son discours. « Notre sous-région traverse une période décisive où les défis économiques, bien que pressants, s’accompagnent aussi d’opportunités à saisir pour renforcer la résilience de nos économies », a-t-il déclaré.
Avant de souligner également que le ratio recettes fiscales non pétrolières/PIB non pétrolier de la CEMAC demeure parmi les plus faibles des blocs économiques africains, ce qui entrave la capacité des États à financer le développement. « Il est donc impératif d’accélérer la mobilisation des ressources internes, non pas comme une contrainte imposée, mais comme un levier stratégique pour assurer notre souveraineté budgétaire et répondre efficacement aux aspirations de nos populations », a-t-il affirmé.
Des perspectives de réformes fiscales ambitieuses
Des recommandations concrètes pour impulser des réformes fiscales visant à améliorer la mobilisation des ressources internes et à renforcer l’harmonisation fiscale dans la zone CEMAC, sont ainsi attendues à l’issue de ses travaux. Elles seront transmises à la Commission permanente d’harmonisation fiscale et comptable de la CEMAC, qui se réunira dès la semaine prochaine pour examiner les mesures à mettre en œuvre. Selon les experts, « Cette rencontre de Douala traduit une fois de plus, la volonté des États membres de la CEMAC de renforcer leur autonomie financière et de construire un avenir économique plus stable et prospère pour la région ».



















