Le rapport sur la politique monétaire publié par la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) en décembre 2024, révèle une baisse progressive de l’encours de la dette extérieure en zone CEMAC, de 29 % du PIB en 2022 à 28 % en 2023, avec une estimation à 25 % pour 2024. Cependant, en dépit de cette réduction, le service de la dette extérieure, mesuré en pourcentage des exportations de biens et services non financiers, a connu une augmentation sur la même période, passant de 10 % en 2022 à 13 % en 2023, avec une estimation de 14 % pour 2024.
Cette augmentation met en évidence une pression croissante sur les recettes d’exportation nécessaires au remboursement des dettes, indiquant que, bien que le niveau global de la dette extérieure diminue, son coût relatif au service augmente.
En examinant l’encours de la dette extérieure par pays, le Congo se démarque au sein de la région avec le taux d’endettement le plus élevé, s’élevant à 35,5 % du PIB, ce qui représente toutefois une baisse notable depuis les 39,4 % enregistrés en 2023 et les 39,3 % en 2022. Le Gabon et la République centrafricaine affichent également des ratios de dette extérieure conséquents mais en déclin, à 30,9 % et 23,5 % respectivement.
En contraste, la Guinée Équatoriale et le Tchad présentent les taux les plus bas de la région, à 11,6 % et 13,9 %, reflétant une moindre contrainte relative à leur production économique globale. Le Cameroun, pour sa part, illustre une réduction continue de son endettement extérieur, affichant un taux de 26,1 % en 2024, en baisse par rapport à 27,6 % en 2023 et 31,3 % en 2022.
Le poids du service de la dette extérieure par rapport aux exportations illustre toutefois la vulnérabilité des pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) aux fluctuations économiques externes. Le Gabon, confronté à la charge la plus lourde de la région avec un service de la dette extérieure atteignant 16,7 % en 2024, se trouve particulièrement vulnérable aux instabilités des marchés des matières premières, dont il est fortement tributaire.
De façon similaire, le Congo, avec un service de la dette extérieure/ exportations à 16,3 %, ainsi que le Cameroun, à 15,9 %, et le Tchad, à 12,6 %, illustrent comment des taux d’endettement élevés imposent la nécessité de générer des recettes d’exportation substantielles pour gérer efficacement leurs engagements extérieurs.
Le rapport 2024 de la Banque mondiale sur la dette internationale révèle des configurations variées pour ce qui concerne la typologie des créanciers de chaque pays de la CEMAC. La République centrafricaine bénéficie principalement de financements multilatéraux, qui représentent 63 % de sa dette extérieure, avec le Fonds monétaire international (FMI) contribuant à hauteur de 39 % et la Banque mondiale à 17 %. Cette prédominance des bailleurs de fonds multilatéraux allège le poids du service de sa dette extérieure.
Au Cameroun, les créanciers multilatéraux représentent 52 % de la dette extérieure, avec des contributions majeures de la Banque mondiale (15 %) et de la BAD (13 %). La Chine domine les créanciers bilatéraux avec 25 %, et les créanciers privés représentent 11 %. Le Gabon se distingue par une forte proportion de créanciers privés (41 %), mettant en avant une dépendance marquée à l’évolution des conditions de financement sur les marchés, tandis que le Congo présente une structure mixte avec 41 % de la dette détenue par des créanciers privés, 36 % par des bilatéraux, principalement la Chine, et 23 % par des multilatéraux comme la BAD et la Banque mondiale.
Enfin, le Tchad bénéficie d’un équilibre entre créanciers multilatéraux et bilatéraux, avec une influence notable du FMI (24 %) et divers partenaires bilatéraux tels que la Chine et les Émirats Arabes Unis. Le segment des créanciers privés, représentant 13 %, illustre une diversité des sources de financement.


















