La transition vers une économie plus verte, moins dépendante des ressources naturelles, exige des réformes ambitieuses pour libérer de nouvelles sources de croissance, créer de l’emploi et réduire la pauvreté et les inégalités. C’est ce que souligne le nouveau Mémorandum économique pour le Gabon, intitulé »Vers une croissance durable plus verte et plus inclusive ».
« Le Gabon a l’opportunité de développer de nouveaux secteurs prometteurs pour alimenter une croissance durable, résiliente et inclusive, qui profiterait significativement au pays dans les prochaines années, » explique Aissatou Diallo, représentante résidente de la Banque mondiale pour le Gabon. « Nous nous réjouissons de collaborer avec le Gabon sur un nouveau paradigme économique, soutenu par des politiques publiques et une gouvernance, mieux adaptées aux défis auxquels le pays doit faire face. »
Le rapport souligne que le Gabon a déjà mis en œuvre certaines réformes visant à diversifier son économie au-delà du secteur pétrolier, mais que les progrès restent limités. Des réformes et des investissements dans les domaines prioritaires sont recommandés. Il s’agit notamment du :
Renforcement du capital humain
La Banque mondiale préconise la promotion de l’éducation et de la formation technique et professionnelle dès les premières années du cursus scolaire, et par un alignement du système éducatif sur les opportunités d’emploi réelles.
Le fort taux de chômage et l’inadéquation des compétences pourraient ainsi être réduits, en particulier parmi les jeunes gabonais. Les programmes de protection sociale doivent aussi être revus et développés. La mise en place d’un programme phare d’assistance sociale, disposant du financement et du ciblage nécessaire, et ne se limitant pas à l’assurance-maladie, aiderait significativement à la réduction de la pauvreté.
Stimulation de l’entrepreneuriat privé
Le secteur privé est entravé par le manque de compétitivité, les obstacles à l’investissement et par la prédominance du secteur public au sein de l’économie. Un environnement des affaires plus favorable, avec notamment un cadre réglementaire porteur et une législation sur les investissements améliorés, contribuerait à stimuler l’entrepreneuriat et à attirer les investissements directs étrangers.
Développement du commerce des biens et services
En dehors des ressources naturelles, comme le pétrole et le manganèse, les exportations gabonaises restent très faibles. Le pays a besoin de développer une feuille de route stratégique pour stimuler le commerce transfrontalier, en particulier au sein du continent ; améliorer la logistique et l’infrastructure commerciale, notamment son réseau de transport ; et œuvrer aux côtés des partenaires régionaux et des autres partenaires commerciaux pour réduire les droits de douanes.
Verdir la croissance
Alors que le Gabon cherche à diversifier son économie, la croissance verte offre une opportunité pour atteindre cet objectif. Les efforts en faveur de cet objectif incluent le développement et la revitalisation de la production et des exportations agricoles, halieutiques et industrielles; la promotion de l’écotourisme, des services environnementaux et des services numériques ; la promotion de bonnes pratiques environnementales à travers l’ensemble des secteurs offrant un potentiel à l’export, en tirant notamment parti des échanges de crédits carbone liés à la préservation de la forêt tropicale et du potentiel de stockage de carbone que cela offre ; la rationalisation des procédures pour faciliter le commerce transfrontalier (notamment grâce à la numérisation).
« Des efforts et investissements durables dans ces domaines pourraient aider à propulser une croissance économique résiliente face à la volatilité des marchés mondiaux de l’énergie et des autres matières premières, » souligne Cindy Audiguier, auteure principale du rapport « Vers une croissance durable plus verte et plus inclusive ».
Avec la Banque mondiale



















