Avant la crise, le Gabon avait procédé en janvier 2020 à l’émission d’une euro‑obligation d’un milliard de dollars (d’une maturité de 11 ans), sursouscrite 3,5 fois. Avec l’assouplissement des politiques monétaires aux Etats-Unis et en Europe, le marché des euro‑obligations a rouvert fin 2020 en Afrique.
En juin 2021, le Cameroun a émis une euro‑obligation de 11 ans pour un montant équivalent de 450 milliards de francs CFA en vue du remboursement, étalé entre 2023 et 2025, des titres émis en 2015.
Les émissions de dette publique sur le marché régional ont poursuivi leur progression en 2020, permettant ainsi aux États, de couvrir partiellement leurs besoins de financement liés à la crise sanitaire.
Organisées par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), les adjudications de Bons du Trésor assimilables (BTA) et d’obligations du Trésor assimilables (OTA) ont représenté en 2020 un volume global de 3 069,5 milliards, soit une progression de + 7,3 % sur un an.
Plusieurs initiatives ont été prises en 2020 et 2021 pour accompagner le développement de ce marché. Dans ce cadre, la Commission de la CEMAC a organisé, en mai 2021, une première réunion annuelle des experts en gestion de la dette publique, avec pour objectif d’établir une revue de la réglementation, des expériences nationales et des bonnes pratiques en la matière.
Des progrès ont également été enregistrés dans le traitement des arriérés intérieurs de certains États. Au premier semestre 2021, le Gabon et le Congo ont titrisé une partie de leurs arriérés en obligations souveraines (respectivement pour 87,5 et 69 milliards de franc CFA).
Pour mémoire, le Tchad avait adopté en janvier 2020, avec les banques tchadiennes, un plan d’apurement de sa dette intérieure à hauteur de 110 milliards de franc CFA. Ces stratégies d’apurement sont particulièrement importantes pour réduire l’encours des créances en souffrance du système bancaire, nombre d’entre elles étant la conséquence directe de retards de paiement des États à leurs fournisseurs.
L’accroissement des marges de manœuvre budgétaires est un enjeu incontournable pour assurer une reprise économique durable et inclusive. Dans sa revue des politiques communes de la CEMAC (juin 2021), le FMI préconise de renforcer la mobilisation des ressources fiscales non pétrolières (inférieures depuis 2010 aux dépenses courantes), de rationaliser les dispositifs d’exonération fiscale et de poursuivre la modernisation des administrations douanières.
Ces mesures permettraient de rendre les États de la CEMAC plus résilients à d’éventuels chocs pétroliers. L’institution estime par ailleurs que des efforts accrus de transparence dans les contrats passés avec les entreprises du secteur extractif pourraient se traduire par une moindre déperdition des recettes pétrolières.
L’efficience de la dépense publique est un autre levier pouvant permettre aux États de consolider leur espace budgétaire. La transposition des « directives portant cadre harmonisé de gestion des finances publiques » en CEMAC s’est ainsi poursuivie en 2020 (promulgation au Cameroun du décret « portant règlement général de la comptabilité publique »), mais demeure incomplète.
D’autres réformes structurelles sont souhaitables en la matière, en particulier pour optimiser l’attribution des marchés publics, la gestion des entreprises publiques et le suivi de la réalisation des projets d’investissement.



















