Les difficultés de financement des petites et moyennes entreprises constituent une sérieuse préoccupation de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC). En effet, le financement de l’économie et en particulier de ces entités, s’avère donc peu soutenu par le secteur bancaire.
Une des principales difficultés tient aux taux effectifs pratiqués, qui apparaissaient particulièrement élevés pour les petites et moyennes entreprises. Au second semestre 2018, ils s’élevaient selon la COBAC à 12,5 % pour les PME contre 8,4 % pour les grandes entreprises et 6,9 % pour les administrations.
Les autres sources de financement que constituent les marchés financiers ne sont par ailleurs que très peu développées à l’image des deux places boursières de la CEMAC récemment fusionnées en bourse unifiée à Douala.
Des travaux sont en cours au sein de la BEAC pour renforcer le fléchage du crédit vers le secteur privé. Ces travaux consistent à réduire l’excédent structurel de liquidité, dynamiser les marchés interbancaires, et enfin à réformer le cadre de gestion du collatéral de sorte à ajuster de façon plus progressive la structure des actifs bancaires vers le secteur privé.
Au-delà de ces mesures inhérentes au système bancaire, l’amélioration nécessaire du climat des affaires, du cadre macroéconomique global ainsi que de l’environnement institutionnel et réglementaire restent des axes d’amélioration pour renforcer la confiance des créanciers entre eux d’une part et vis-à-vis des débiteurs d’autre part.
Dans ce cadre, la BEAC s’est déclarée déterminée à renforcer la transparence financière et à mettre rapidement en œuvre sa stratégie d’information financière. Notamment à travers : un registre régional du crédit, une base de données régionale sur les bilans, et des bureaux d’information sur le crédit, accessibles aux institutions financières pour faciliter l’octroi et la gestion de crédits, et l’application stricte de l’obligation pour les institutions financières de publier leurs états financiers, ce qui devrait contribuer au développement du marché interbancaire.
Enfin, du côté de la demande, des initiatives visant à accompagner les entreprises afin de leur faciliter l’accès aux financements semblent également nécessaires. La Société générale Cameroun a inauguré en juillet 2019 une « maison des PME » à Douala afin de répondre à ce besoin.
Cette maison s’adresse aux PME et aux très petites entreprises et propose, entre autres services, un accompagnement pluridisciplinaire par l’intermédiaire d’un réseau de partenaires permettant de structurer ou de perfectionner un business model, renforçant ainsi l’éligibilité des entreprises à un accompagnement financier.
Ce dispositif original, également mis en place avec succès au Sénégal, en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso, est une première au Cameroun. Les attentes sont fortes et les premiers résultats dans le courant de l’année prochaine permettront d’apprécier l’efficacité de tels programmes.





























