Le Fonds monétaire international (FMI) appelle les pouvoirs publics subsahariens à « soutenir les secteurs nouveaux et émergents porteurs de croissance ».
« L’avenir de l’emploi est déjà là et les décideurs doivent en tenir compte dès à présent », estime le FMI dans cette étude sur « les flux de capitaux et l’avenir de l’emploi » en Afrique subsaharienne, présentée jeudi à la presse.
Selon ce document, joint au rapport annuel de l’organisation internationale, 20 millions de créations nettes d’emplois seront nécessaires sur les deux prochaines décennies pour « absorber les nouveaux arrivants sur les marchés du travail ».
Or actuellement, seuls 10 millions d’emplois sont créés chaque année, d’après le FMI, qui appelle les pouvoirs publics à « soutenir les secteurs nouveaux et émergents porteurs de croissance » pour développer l’activité.
D’après le rapport, une croissance plus élevée, de l’ordre de 6% en moyenne entre 2018 et 2022, contre 4% retenus par le FMI dans son scénario de référence, pourrait en effet accélérer la progression de l’emploi de 0,6 à 0,8 point de pourcentage à moyen terme.
Cela porterait la création nette totale d’emplois dans la région subsaharienne à « environ 16 millions de postes d’ici à 2022 », soit « un chiffre plus proche des 20 millions nécessaires« , souligne-t-il.
Pour cela, le FMI préconise d’« investir dans des systèmes éducatifs flexibles » pour assurer une « capacité d’adaptation et de formation tout au long de la vie », et d' »approfondir l’intégration commerciale », afin de favoriser l’essor d’un « grand marché intérieur ».
Il recommande par ailleurs de « promouvoir une urbanisation intelligente » pour rendre les villes plus « fonctionnelles« , et de « favoriser la connectivité » numérique, pour « favoriser l’émergence de nouvelles formes d’activité économique ».
« L’avenir de l’emploi dans les pays africains dépendra de facteurs mondiaux et des interactions entre ces facteurs et les évolutions nationales et régionales », souligne le FMI, qui s’intéresse à l’impact que pourrait avoir la dernière vague de progrès technologique sur la région.
Cette vague, parfois qualifiée de « quatrième révolution industrielle », « pourrait augmenter la productivité » des pays concernés en leur permettant « de se passer de technologies obsolètes et de certaines infrastructures ».
Mais elle pourrait aussi « créer des problèmes » en favorisant la « relocalisation d’activités manufacturières vers les pays avancés », ce qui compromettrait « le modèle traditionnel de croissance tiré par les exportations ». « L’enjeu pour les décideurs » consiste donc à « conserver une attitude ouverte à l’égard des différentes stratégies de croissance », prévient le rapport.





























