L’industrialisation durable de la filière bois en Afrique centrale constitue à la fois, un enjeu majeur et un réel défi pour les Etats de cette sous-région. C’est dans ce cadre que la Commission économique pour l’Afrique (CEA), à travers son Bureau sous-régional pour l’Afrique centrale organise, les 29 et 30 juillet 2026 à Yaoundé (Cameroun), une réunion régionale de cadrage de l’étude sur l’industrialisation durable de la filière bois en Afrique centrale.
Le principal enjeu est de savoir comment faire du Bassin du Congo, deuxième plus grand massif forestier tropical au monde, un véritable moteur d’industrialisation, de création de valeur et d’intégration économique régionale ?
Selon la CEA, cette rencontre constitue une étape préparatoire essentielle du processus d’élaboration de l’étude. Elle réunira les États membres, les Communautés économiques régionales et leurs institutions spécialisées, les institutions financières régionales, le secteur privé, les gestionnaires des zones économiques spéciales, les centres de recherche et les partenaires techniques afin d’examiner et de consolider l’approche méthodologique proposée, d’enrichir les orientations techniques de l’étude, de recueillir les contributions des États membres et des partenaires régionaux, et de parvenir à une compréhension commune des priorités qui guideront la conduite de l’étude.
L’Afrique centrale abrite l’un des plus importants patrimoines forestiers de la planète. Selon l’OCDE, le Bassin du Congo représente 70 % du couvert forestier humide du continent africain et près de 800 000 km² d’aires protégées. Pourtant, cette richesse demeure encore insuffisamment valorisée sur le plan industriel. La sous-région assure 20 % des exportations mondiales de grumes tropicales, mais ne contribue qu’à 1 % de la production mondiale de bois scié, illustrant une faible transformation locale des ressources et un important déficit de valeur ajoutée, d’emplois industriels et de compétitivité.
Pour la CEA, il n’est plus question d’élaborer de nouveaux cadres stratégiques. Les États d’Afrique centrale ainsi que les organisations régionales disposent déjà d’orientations ambitieuses en matière d’industrialisation, de transformation locale du bois, d’intégration régionale et de développement durable. L’urgence est désormais d’en accélérer l’opérationnalisation, en levant les contraintes qui limitent encore les investissements productifs, la montée en gamme de l’industrie du bois et le développement de chaînes de valeur régionales compétitives.



















