En Afrique centrale, la participation du secteur privé aux projets d’infrastructure, en plus d’être limitée, cible uniquement quelques pays. Selon les experts, cette participation est ainsi la plus faible de tout le continent, avec seulement 6.4 milliards de dollars investis sur la période 2016-23, principalement dans les secteurs de l’énergie (49 %) et des transports (39 %).
Elle se concentre sur certains pays : le Cameroun, le Gabon et la RD Congo qui totalisant à eux seuls, 94 % de la valeur investie et 75 % des projets. La faiblesse de la gouvernance ressort souvent comme l’un des principaux défis de la région à cet égard, le climat d’incertitude juridique, politique et institutionnelle décourageant les investisseurs potentiels.
Un constat confirmé par les rapports sur l’activité des capitaux privés en Afrique, qui ne dénombrent que trois opérations de capitaux privés dans les pays d’Afrique centrale en 2024, contre 129 en Afrique australe, en Afrique de l’Ouest, 99 en Afrique de l’Est et 77 en Afrique du Nord.
Selon les indicateurs mondiaux de la gouvernance, qui compilent des données sur la qualité de la gouvernance, l’Afrique centrale se classe en outre dernière des régions du continent en 2023 dans des domaines tels que la lutte contre la corruption, la qualité de la réglementation ou l’efficacité des pouvoirs publics selon la Banque mondiale.
Dans le même ordre d’idées, une étude montre que l’amélioration de la qualité des institutions pourrait, dans des pays comme le Gabon, permettre une augmentation des investissements privés dans les infrastructures de l’ordre de 1.5 point de pourcentage du PIB.
Plus grave, au regard de la taille de sa population, l’Afrique centrale ne reçoit que peu de Financements publics du développement (FPD) en faveur de ses infrastructures. Ceux-ci s’établissent ainsi en moyenne à 944 millions USD par an sur la période 2019-23, soit 0.6 % du PIB annuel de la région, et stagnent à environ 800 millions de dollars par an depuis 2020, se concentrant principalement dans les secteurs des transports et de l’énergie.
Toujours sur cette période, si l’on rapporte ces montants au nombre d’habitants, l’Afrique centrale a reçu environ 5 millions USD de FPD au titre de ses infrastructures par million d’habitants, contre environ 8 à 9 millions USD pour l’Afrique australe, de l’Est et de l’Ouest, et même 17 millions de dollars pour l’Afrique du Nord. La répartition de ces versements s’avère en outre inégale au sein de la région, le Cameroun et la RD Congo en cumulant 62 % sur cette période, tandis que des pays fragiles comme le Tchad et la République centrafricaine, qui présentent respectivement les deuxième et quatrième besoins d’investissement les plus importants de la région, n’en ont bénéficié que d’environ 11 %.



















