Le Congo et le Gabon peuvent, à juste titre, être considérés comme les pires élèves de la sous-région CEMAC en matière de dette publique, surtout au regard du critère de convergence dont le seuil requis est celui d’inférieur ou égal à 70% du PIB, relatif à l’endettement. Si l’infographie du Fonds monétaire international (FMI) qui présente le ratio dette/PIB des pays africains les plus endettés entre février-mars 2026, place la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) globalement la zone CEMAC dans une zone d’endettement modérée, le baromètre n’est guère reluisant au niveau étatique.
En effet, à l’analyse, la dette publique des pays de la CEMAC oscille autour de 50% du PIB, un niveau soutenable selon les standards du FMI pour des économies émergentes en moyenne. Cette relative discipline s’explique par des programmes d’ajustement successifs, une surveillance régionale renforcée et une prudence accrue dans le recours aux marchés internationaux.
Pris par pays, le document du FMI révèle que le Congo affiche l’un des niveaux les plus élevés de la zone, avec 96,8% du PIB, bien au-dessus du seuil de vigilance communautaire. Malgré les restructurations passées, la soutenabilité de cette dette reste fragile, plombée par une base productive étroite et une forte exposition pétrolière.
Le Gabon, tout comme le Congo, deuxième sur la liste de la CEMAC et dont l’endettement se situe à 78,9% du PIB, nage également en zone de risque élevé. Si le pays bénéficie d’une meilleure capacité de financement, la rigidité budgétaire et les échéances de dette appellent à une consolidation plus rapide.
Troisième dans le classement, la République centrafricaine (RCA). Elle affiche 61,8% du PIB. Ce niveau encore maîtrisé reste fragile compte tenu du contexte sécuritaire et de la dépendance à l’aide extérieure.
Ce trio de tête est directement suivi par la Guinée équatoriale qui présente un ratio voisin de 40,6%. Malgré un faible endettement relatif, la contraction des revenus pétroliers limite les marges budgétaires.
Le Cameroun, première économie de la CEMAC, affiche un ratio d’environ 40,4%, considéré comme modéré. Pour le FMI et les autorités camerounaises, la trajectoire de cette dette reste soutenable, mais l’augmentation des besoins d’investissement et la pression sur les finances publiques exigent une gestion prudente.
Enfin, le Tchad, bien que non détaillé précisément dans l’infographie de l’institution financière internationale, reste structurellement exposé à la volatilité pétrolière. Ce, malgré les efforts de restructuration.
A l’analyse, l’enjeu pour la CEMAC n’est pas seulement de contenir la dette, mais de mieux l’orienter vers des investissements productifs, capables d’élargir l’assiette fiscale et de réduire la dépendance aux ressources extractives. La soutenabilité future passera moins par l’austérité que par la qualité de la dépense publique et l’intégration économique régionale. Au centre des enjeux, la transformation de la prudence en levier de croissance.
Avec financialafrik.com


















