A en croire nos confrères de sikafinance.com, le Comité d’audit et de consolidation des passifs exigibles de l’État, lancé le 17 juin par le ministre de l’Économie Thierry Minko, devrait livrer ses conclusions cette semaine sur un stock de dette publique que les autorités elles-mêmes évaluent à environ 8 700 milliards FCFA, soit entre 70 et 74 % du PIB à fin mars 2026.
Nos confrères trouvent cependant une relation directe avec le travail abattu par la Task force sur la dette publique depuis près de cinq ans. En effet, cette institution pilotée par Pierre Duro, a documenté depuis six ans un système de surfacturations et de travaux fantômes qui explique en grande partie comment cette dette intérieure a été multipliée par sept entre 2020 et 2023.
Le rapport d’étape de cette Task force sur la dette intérieure, daté du 15 novembre 2023, chiffrait déjà un surcoût de 12 milliards FCFA sur les voiries de Libreville, 2,8 milliards FCFA de surfacturations sur la route Ndjolé-Médouneu, un dérapage de 47% sur le stade d’Oyem. En septembre 2024, elle avait annoncé des avancées significatives dans le cadre de la lutte accrue contre la fraude financière au Gabon. Ce qui mettait en avant, le besoin urgent de traquer leurs auteurs. En effet, sa réactivation sur la dette intérieure a permis de récupérer plus de 100 milliards de francs cfa.
Il reviendra ainsi au Comité de distinguer les créances validées de celles qui nécessitent encore des contrôles complémentaires, une méthodologie qui rejoint directement le travail de terrain déjà mené par la Task force. Sur les dossiers antérieurs traités par la Taskforce, le taux de poursuites judiciaires effectives n’a atteint que 32%. Un ratio à mitiger, alors que les autorités présentent l’audit comme un préalable indispensable à l’assainissement des finances publiques et que l’issue de l’audit conditionnera également l’accès du pays aux financements concessionnels indispensables à son programme d’investissement.
« Pour être en phase avec les agences de notation qui soulignent que la gouvernance institutionnelle pèse autant que le ratio dette/PIB dans l’appréciation du risque souverain, la Task force devrait désormais insister sur le contrôle en cours d’exécution plutôt que sur la vérification a posteriori. C’est un basculement méthodologique qui réduit le risque de nouvelles dérives sur les projets en cours. Combiné à la création en avril du Comité national de la dette publique, chargé de la coordination et du contrôle de la politique d’endettement, le dispositif institutionnel gabonais se densifie », préconisent nos confrères.


















