L’assainissement des finances publiques bat son plein au Gabon, l’initiative est d’autant plus nécessaire qu’elle permet au gouvernement d’avoir une lecture fiable de ses circuits financiers. Aucun secteur n’est aujourd’hui épargné par cette réforme consistant à voir clair dans les finances publiques du pays.
Après la dette dont le processus est actuellement en cours, c’est au tour des exonérations fiscales et douanières de passer au crible des auditeurs. La décision a été prise récemment lors d’un Conseil de cabinet présidé par le président de la République du Gabon, Brice Clotaire Oligui Nguema, réunissant les directeurs généraux des régies financières.
Cette séance de travail avait pour objectif de garantir à l’État, les moyens nécessaires au financement des priorités nationales tout en préservant la dynamique des grands projets de développement. Les travaux ont ainsi porté sur la mobilisation des recettes et sur la politique des exonérations fiscales et douanières, ainsi que sur leur pertinence économique et leur impact sur les finances publiques.
Sur ce dernier point, le chef de l’État a instruit la réalisation d’un audit complet des exonérations, afin d’identifier celles qui demeurent justifiées et celles qui, arrivées à échéance, continuent de priver l’État de ressources, selon les termes du communiqué présidentiel. Aucun montant ni calendrier précis de restitution de cet audit n’a pour l’heure été communiqué par la Présidence.
Dans ce droit fil, le chef de l’État, a également souligné l’importance de la digitalisation et de l’interconnexion des administrations financières, afin d’améliorer les performances de collecte, de renforcer la transparence et d’accroître l’efficacité de l’action publique. Non sans instruire les directeurs généraux la mise en œuvre d’une stratégie rigoureuse de soutenabilité de la dette, destinée à consolider la crédibilité financière du Gabon auprès de ses partenaires et bailleurs de fonds.
Pour un meilleur suivi de la réforme, il a été décidé que ce Conseil de cabinet se tiendra désormais mensuellement, avec pour vocation d’évaluer la mobilisation des recettes, l’exécution budgétaire et la gestion de la dette publique, avant une extension progressive à d’autres secteurs prioritaires comme la santé, l’éducation, les travaux publics, l’eau et l’énergie. Cette mensualisation et les conclusions attendues de l’audit constitueront des indicateurs à surveiller sur la trajectoire budgétaire du pays.
Faut-il le rappeler, les exonérations fiscales massives et mal encadrées fragilisent l’économie nationale et creusent le déficit budgétaire.En 2025, elles ont causé un manque à gagner cumulé de plus de 1 000 milliards de francs CFA en trois ans à l’État, dont 682,67 milliards en fiscalité intérieure et 376,55 milliards en fiscalité de porte.



















