Le rapport des entretiens de 2026 du Fonds monétaire international (FMI) sur les politiques communes de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) est désormais disponible. Il se veut largement dithyrambique de la situation économique de cette région. Selon ses termes, la croissance économique s’est établie à 6,6 % en 2025 dans l’UEMOA, faisant de la zone, l’une des plus dynamiques au monde, tandis que l’inflation a reculé en deçà de sa fourchette cible à compter de la mi-2025, essentiellement sous l’effet d’une baisse provisoire des prix des denrées alimentaires.
Forte hausse des réserves de change
Parallèlement, les progrès en matière de réduction des déséquilibres extérieurs se sont poursuivis, sachant que le déficit des transactions courantes a été ramené de 5,7 % du PIB en 2024 à 1,7 % du PIB en 2025, ce qui s’explique par les prix élevés de l’or et du cacao et par l’essor des exportations d’hydrocarbures en volume. Les réserves ont augmenté fortement et dépassé les seuils d’adéquation pour atteindre 7,8 mois d’importations prospectives en février 2026.
Dans cette dynamique, la position extérieure est jugée globalement conforme aux paramètres économiques fondamentaux et aux politiques souhaitables. Dans le contexte du reflux de l’inflation et de la reconstitution des marges de manœuvre extérieures, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a abaissé ses taux directeurs de 50 points de base au total depuis juin 2025.
Baisse de la dette publique
Selon des estimations, la dette publique a diminué en 2025, tirée par l’assainissement des finances publiques et la vigueur de la croissance, même si les risques qui pèsent sur la viabilité de la dette demeurent élevés dans plusieurs pays.
S’agissant du déficit budgétaire, il a été ramené de 5,4 % du PIB en 2024 à 3,4 % du PIB en 2025, et le ratio dette/PIB a reculé pour passer de 68 % en 2024 à 65 % en 2025 d’après des estimations. Toutefois, les niveaux d’endettement et les conditions de financement demeurent hétérogènes entre les pays de l’Union, certains d’entre eux pâtissant d’un endettement élevé et d’un durcissement de leurs conditions de financement.
Compte tenu du recours accru au marché régional de la dette, les volumes des émissions ont augmenté sensiblement en 2025, si bien que les risques liés à l’exposition des banques aux emprunteurs souverains demeurent élevés. Le système bancaire reste globalement solide. Cependant, le niveau durablement élevé des prêts improductifs, un faible provisionnement, une forte exposition au risque souverain et des facteurs de vulnérabilité dans certains pays accentuent les risques d’instabilité financière.
Perspectives
La croissance devrait se modérer pour s’établir à quelque 5,5 % en 2026 puis se stabiliser à environ 6 % à moyen terme, tandis que l’inflation devrait revenir dans la fourchette cible en 2026. La convergence vers l’objectif de déficit budgétaire fixé à 3 % du PIB devrait se poursuivre, plusieurs pays ayant pris du retard. Les réserves devraient augmenter progressivement pour atteindre quelque 8,1 mois d’importations prospectives d’ici à 2030.
Toutefois, tempère le Fonds, la région demeure exposée à d’importants risques de ralentissement. Ceux-ci découlent notamment de la guerre au Moyen-Orient (laquelle pourrait peser sur l’inflation, la croissance et la viabilité extérieure) ainsi que des pressions sur la viabilité des finances publiques, des risques d’instabilité macrofinancière et des chocs de nature climatique et sur les conditions de sécurité.



















