Selon les termes de sa Note de conjoncture économique 2026 du Gabon, intitulée « Actualités économiques du Gabon 2026 », la Banque mondiale analyse l’évolution macroéconomique récente du pays, en mettant l’accent cette année sur l’éducation et le développement des compétences pour l’emploi. Ce rapport préconise une double stratégie : rétablir la stabilité budgétaire et améliorer le climat des affaires, tout en réformant l’éducation et les compétences afin de bâtir une économie plus diversifiée, inclusive et créatrice d’emplois.
Principaux résultats
Le Gabon possède un fort potentiel de croissance, grâce à ses abondantes ressources naturelles, sa population urbaine jeune et ses importantes opportunités de diversification ; pourtant, son modèle de croissance est sous pression et ne procure pas encore de gains suffisants et généralisés à sa population.
Les risques budgétaires et d’endettement sont devenus le principal défi, avec une forte détérioration de la situation budgétaire en 2025. Le rétablissement de la discipline budgétaire, l’amélioration de la mobilisation des recettes, l’alignement des objectifs de dépenses sur les marges de manœuvre budgétaires disponibles et le renforcement de la transparence et de la gestion de la dette figurent parmi les principales priorités urgentes en matière de politique publique.
Comme l’indique le nouveau plan de développement du Gabon, le Plan national de croissance et développement, les objectifs de croissance et de développement à long terme dépendent de la facilitation des investissements privés, du développement des compétences et de la promotion de la création d’emplois afin de réduire le chômage élevé du pays, qui touche environ 17 % de la population en âge de travailler et environ 30 % des jeunes.
Des réformes sont nécessaires pour créer de meilleures conditions commerciales, des entreprises plus compétitives et un système d’éducation et de formation technique et professionnelle qui dote les travailleurs de solides compétences fondamentales, techniques et adaptées à l’emploi, en adéquation avec la demande du marché du travail et les besoins des secteurs stratégiques.
Recommandations clés
Pour remédier à la situation, la Banque mondiale préconise la rationalisation des dépenses fiscales et expansion de la plateforme numérique Digitax afin d’élargir l’assiette fiscale. Elle invite également à contenir les dépenses publiques, apurer les arriérés, améliorer la sélection et la gestion des investissements publics et veiller à ce que les dépenses soient en adéquation avec les marges de manœuvre budgétaires disponibles afin de garantir une trajectoire budgétaire et d’endettement durable.
La réduction des barrières commerciales – notamment l’un des droits de douane les plus élevés au monde – et améliorer le climat des affaires afin d’attirer les investissements privés et de favoriser la diversification ; la priorisation de l’apprentissage fondamental en investissant dans la formation des enseignants, les infrastructures scolaires et l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et du calcul dès le plus jeune âge ; ainsi que la garantie d’un financement adéquat pour l’éducation et la formation, tout en repensant la formation technique et professionnelle comme un système axé sur la demande, avec le secteur privé participant à l’élaboration des programmes, à l’offre d’apprentissages et à la cogestion des établissements de formation et enfin la mise en place d’un système d’information de gestion de l’éducation et d’un système d’information sur le marché du travail afin d’ancrer l’élaboration des politiques sur des données probantes en temps réel restent de mise.


















