Les résultats de l’enquête de conjoncture réalisée par les services de la BEAC pour le compte du quatrième trimestre 2020 décrivent un regain es chefs d’entreprise de la sous-région.
Les opérateurs économiques de la CEMAC anticipent sur une poursuite de la timide reprise amorcée au troisième trimestre, dans le sillage de l’assouplissement des mesures restrictives prises dans le cadre de la lutte contre la Covid-19, bien que l’activité doit demeurer en dessous des performances du quatrième trimestre 2019. Selon ces derniers, et de manière spécifique, la dynamique économique sectorielle dans la sous-région ressortirait plus ou moins pessimiste au quatrième trimestre 2020 sur les différents secteurs d’activités.
Secteur primaire
Il devrait être tiré par l’agriculture vivrière, l’élevage et la pêche, et l’exploitation de gaz. En comparaison au troisième trimestre 2020, l’on devrait assister à une dynamique favorable des cultures d’exportation à l’exception du cacao. Les cultures vivrières, quant à elles devraient enregistrer une évolution plus favorable. L’activité sylvicole quant à elle devrait demeurer relativement morose, en lien avec les incertitudes sur l’évolution de la demande mondiale et ses effets sur les prix du bois, dans un contexte de contraction de l’activité économique globale suite à la crise sanitaire due au coronavirus.
Concernant les activités extractives, la production de pétrole s’inscrirait en baisse dans la sous-région malgré l’orientation favorable attendue des cours du baril sur la période sous revue. Par pays, les volumes de production ont des évolutions asynchrones, avec un recul des productions, au Congo (déplétion naturelle des champs matures, absence de nouveaux champs à explorer), au Gabon (réduction de quotas de production dictées par l’OPEP afin de garantir la stabilité des cours du baril) et au Tchad (avec la contraction de la production de Glencore), non compensée par les perspectives favorables en Guinée Equatoriale (démarrage de la perforation de deux puits pétroliers par la société Trident Energy en août 2020).
Secteur secondaire
S’agissant de secteur, les brasseries devraient poursuivre leur regain d’activité amorcé au troisième trimestre, en lien avec la levée des mesures barrières et les célébrations de fin d’année. Toutefois, certains opérateurs au Cameroun font des projections plus mesurées, en relation avec une recrudescence de la contrebande en provenance de certains pays frontaliers. Les huileries devraient demeurer résilientes pendant la période, portées par les acteurs majeurs de la filière et en dépit de la demande qui devrait tout juste amorcer son rebond.
Les industries du bois devraient connaître une dynamique contrastée bien qu’en deçà de leur niveau normal, avec un timide rebond des commandes locales et internationales et les dispositions réglementaires incitant à la transformation systématique des grumes avant exportation qui s’est quasiment généralisée dans les pays de la Zone.
Dans la même veine, la morosité de l’activité dans les BTP pourrait quelque peu s’estomper, avec la poursuite de certains travaux de voirie publique soutenue par l’amélioration de la fluidité des circuits de distribution des matériaux de construction, la reprise de certains chantiers publics et la poursuite de certains projets financés sur ressources extérieures, notamment en République Centrafricaine et au Gabon.
Secteur tertiaire
Dans le tertiaire, les télécommunications et le commerce de produits pharmaceutiques resteraient les branches les plus dynamiques dans ce contexte de pandémie de COVID-19, tandis que les services aux entreprises et l’hôtellerie devraient toujours pâtir d’une insuffisance de la demande. L’activité de commerce de biens d’équipements et de véhicules roulants devrait demeurer morose, en lien avec une demande en berne, illustrant le pessimisme des entreprises privées et l’austérité des orientations budgétaires des différents gouvernements de la CEMAC, non compensée par l’embellie de l’achat par l’Etat du matériel roulant dans le cadre de la lutte contre la Covid-19.
L’activité de transport devrait globalement repartir à la hausse en cette fin d’année 2020, avec la hausse du volume de la production que les principaux opérateurs miniers de la Zone réalisent, plus particulièrement au Gabon. Le transport routier devrait regagner en dynamisme, en raison de la hausse du flux des voyageurs et des marchandises dans le sillage des festivités de fin d’année, conjuguée à la fin de la saison pluvieuse qui rendrait certaines pistes à nouveau praticables, facilitant ainsi l’accès à certains bassins de production agricole.






























