L’agence de notation Moody’s Investors Service («Moody’s»), vient d’achever un examen périodique sur le Gabon. A la suite de cet examen, l’agence a fait basculer la perspective du pays de positive à stable (Caa1), sur la notation à long terme.
Les principaux facteurs à l’origine de ce changement de perspective sont notamment, la faiblesse des améliorations institutionnelles, combinée à une intensification des pressions sur la liquidité financière en pleine crise du Covid-19, mais également la baisse des prix du pétrole.
Dans son communiqué de presse relatif à ce changement des perspectives, publié la 4 décembre 2020, Moody’s souligne que l’affirmation de la notation Caa1 rend compte des défis de crédit du Gabon, notamment les faiblesses institutionnelles, les finances publiques vulnérables à la volatilité des prix du pétrole et, par conséquent, certaines pressions sur la liquidité, qui signalent tous, un risque de défaut non négligeable.
Cependant, le fardeau de la dette publique du Gabon, à 70% du PIB attendu d’ici la fin 2020, n’indique pas de graves problèmes de solvabilité – ce qui suggère qu’en cas de défaut, les pertes pour les investisseurs seraient probablement faibles. De plus, selon Moody’s, bien qu’un nouveau programme avec le FMI soit difficile à ficeler, il sera finalement renouvelé, soutenant la notation du pays. Quant aux plafonds des obligations et des dépôts en monnaie étrangère et intérieure du Gabon, ils demeurent inchangés à B1.
Pour rappel, le 07 juillet 2020, Moody’s avant attribué un profil de crédit Caa1 positif au Gabon. L’agence mettait en exergue la dépendance au pétrole pour la croissance, les exportations et les recettes publiques, ainsi que la très faible force institutionnelle du pays, a déclaré Moody’s Investors Service dans un rapport annuel. Dans ce cadre, Moody’s avait indiqué que « La baisse des prix du pétrole en 2020 au milieu de la crise des coronavirus contrecarrera les efforts d’assainissement budgétaire du gouvernement, soutenus par le programme du FMI du pays ».
A l’occasion, Lucie Villa, vice-présidente de Moody’s – Senior Credit Officer avait déclaré « le rétablissement de la l’économie gabonaise prendra du temps », selon elle, « La liquidité gouvernementale reste serrée, comme en témoignent les arriérés persistants envers les fournisseurs et les créanciers nationaux ». Moody’s avait à cet effet prévu que prévoit que l’économie du Gabon se contractera de près de 2% en 2020, le secteur pétrolier représentant l’essentiel de la baisse. La crise do Coronavirus avait aussi réduit la croissance économique de six points de pourcentage par rapport au potentiel de croissance du Gabon de 3%. La crédibilité du pays reposait sur ses atouts notamment, une richesse relativement élevée provenant de 50 ans d’exploitation pétrolière
Les perspectives positives de la note reflétaient les premiers signes d’une atténuation de la pression de liquidité, reflétée par la non-accumulation d’arriérés sur les paiements de la dette depuis avril 2019, soutenue par des améliorations institutionnelles dans la gestion de la dette. L’opération de refinancement de 750 millions de dollars du gouvernement sur son euro-obligation amortissante 2024, suite à l’émission d’une euro-obligation de 1 milliard
« À l’inverse, les perspectives pourraient revenir à la stabilité ou la notation pourrait être dégradée en cas de pressions négatives marquées, par exemple si le gouvernement accumulait de nouveaux arriérés sur la dette extérieure ou ne maintenait pas sa trajectoire d’assainissement budgétaire. Dans un tel scénario, les pressions de liquidité persisteraient et pourraient même s’intensifier avant les échéances des euro-obligations à partir de 2022 », avait alerté l’agence de notation.





























