Tous les pays de la sous-région affichent des ambitions en matière de développement des TIC, souvent renforcées par la crise du Covid qui a mis les projecteurs sur l’utilité des applications e-santé ou e-éducation.
Mais les résultats très variables et les signaux donnés parfois contradictoires, à l’image de la situation en RDC où le chef de l’Etat crée des structures nouvelles, mais augmente la pression fiscale sur les téléphones mobiles.
Selon la Direction générale du trésor français (DGT), le Gabon est probablement le meilleur exemple d’un pays où les projets conduits par l’État, accompagnés par les bailleurs et largement confiés au secteur privé ont permis des progrès très encourageants.
Ils se déclinent aujourd’hui à plusieurs niveaux : l’image du pays – le Gabon est désormais bien installé dans le peloton de tête des pays africains les mieux équipés ; l’environnement de travail des entreprises, qui peuvent bénéficier des connexions haut débit dont elles ont besoin pour travailler, pour un coût qui est l’un des plus bas du continent ; l’écosystème d’innovation qui peut ainsi se développer ; les emplois, la croissance et les recettes budgétaires qui l’accompagnent.
Les autres pays n’ont pas avancé au même rythme, au point qu’il faille craindre aujourd’hui que l’Afrique centrale ne soit en train de rater une marche. Elle avait bénéficié de l’arrivée du téléphone mobile, dans des conditions qui ont été une des phases les plus positives en matière de développement économique de ces dernières années, en sautant largement l’étape de la téléphonie fixe et en développant des applications nouvelles adaptées au terrain comme le mobile money. Le risque aujourd’hui est que ce succès passé masque un échec à venir : la progression d’Internet est importante, mais déjà un peu moins rapide. Et surtout le haut débit ne décolle que très lentement.
Il est probable que le rôle de l’État est souvent mal calibré (au Cameroun, au Congo) ou que d’autres préoccupations aient joué. Le cas de la Guinée équatoriale est énigmatique : face à une problématique de diversification hors pétrole comparable à celle du Gabon, le pays qui a le plus investi dans les infrastructures a largement laissé de côté, la question du numérique, et se trouve aujourd’hui avoir de belles routes, mais l’accès à Internet parmi les moins développés, et le plus coûteux, du continent.





























