C’est une bouffée d’oxygène pour les pays les plus pauvres en cette période de crise du Covid – 19. Les vingt pays les plus riches du monde (G20), viennent de prolonger le moratoire sur leur dette de six mois, soit jusqu’au 30 juin 2021.
Cette décision fait suite à la réunion des ministres des Finances et chefs des Banques centrales du G20, virtuellement tenue le 14 octobre 2020, sous la présidence de l’Arabie saoudite. « Nous avons convenu de prolonger l’Initiative de suspension du service de la dette de six mois», a déclaré le ministre saoudien des Finances Mohammed al-Jadaan, au sortir de cette réunion.
Dance ce cadre, le G20 a déjà permis à 46 pays sur 73 éligibles, de suspendre un montant global de remboursement estimé à cinq milliards de dollars. Le moratoire était attendu, même si pour le FMI et la Banque mondiale, ainsi que nombre d’ONG de lutte contre la pauvreté, ce geste est encore insuffisant au regard des besoins des pays pauvres.
Le G20 s’est aussi entendu pour créer « un cadre commun » à tous les créanciers privé et public afin de lancer un processus global de restructuration de la dette. Signe que des pays comme la Chine commencent à répondre aux appels pressants du FMI et de la Banque mondiale.
Un accord a néanmoins été trouvé pour que la Chine, premier créancier des pays pauvres, soit partie prenante à cette mesure. La part de la Chine dans la dette totale due aux pays du G20 est passée de 45% en 2013 à 63% à la fin de 2019, selon des données de la Banque mondiale.
En revanche, la Chine détiendrait finalement moins de 40% – chiffre souvent avancé –, des créances auprès des pays les plus pauvres. La dette envers les créanciers gouvernementaux, dont la plupart sont des États du G20, a atteint 178 milliards de dollars en 2019.
Les participants à la réunion ont précisé que le moratoire pourrait être prolongé de nouveau, jusqu’à la fin de 2021, à l’occasion d’une réunion au printemps prochain du FMI et de la Banque mondiale.De plus, les ministres du G20 ont évoqué, sans prendre de décision, une autre l’hypothèse : « Nous reconnaissons que des traitements de la dette au-delà de la suspension du service de la dette peuvent être nécessaires au cas par cas», précise le communiqué final. Les pays ont « convenu du principe d’un cadre commun » pour traiter cette question qui divise.
Ce cadre sera précisé lors d’une autre réunion extraordinaire du G20 finances avant le sommet du groupe, en novembre. Cette décision fait suite aux appels du FMI et de la Banque mondiale d’aider les pays les plus pauvres. « La communauté internationale doit faire tout ce qu’elle peut pour soutenir les plus vulnérables », a insisté la présidente du FMI, Kristalina Georgieva.
« La tendance dans les crises de la dette était que les pays en difficulté passent par des rééchelonnements inefficaces qui les laissent plus faibles », a confirmé son homologue de la Banque mondiale. « Les créanciers peuvent leur permettre de passer à un processus de réduction de la dette, mais à un coût énorme pour les pauvres. Nous devons travailler mieux et plus vite cette fois-ci », a poursuivi David Malpass.






























